Le samedi 18 juin 2016, je retrouve l'effervescence du Hellfest OpenAir Festival à Clisson, en Loire-Atlantique, pour assurer la couverture photographique du concert d'August Burns Red. Mon reportage se déroule vers 12 h 55, alors que le groupe vient de prendre place sur la Mainstage 2.

À cette heure de la journée, le festival est déjà bien lancé. Les festivaliers circulent entre les scènes, les concerts s'enchaînent et il faut rester disponible pour capter les moments qui ne durent parfois qu'une fraction de seconde. Avec August Burns Red, le sujet est idéal pour la photographie live : un metalcore rapide et structuré, des musiciens très engagés dans leur jeu et un chanteur dont les mouvements donnent beaucoup de dynamisme aux images.

Pour Landes Photographe, il ne s'agit pas simplement de conserver une trace du passage d'un groupe à un festival. Je cherche à traduire visuellement l'intensité de la prestation, la présence des musiciens et cette énergie particulière qui fait du concert un événement vivant.

August Burns Red : précision, puissance et metalcore

Originaire de Pennsylvanie, August Burns Red s'est imposé dans la scène metalcore grâce à un mélange de riffs incisifs, de rythmiques complexes, de changements de tempo et d'une approche très travaillée de la guitare. Le groupe associe la puissance du hardcore à une écriture instrumentale précise, où les guitares et la batterie jouent un rôle majeur dans la construction des morceaux.

Sur scène, cette combinaison offre de nombreuses possibilités photographiques. Les riffs appellent le mouvement, les changements rythmiques créent des ruptures et les passages les plus intenses peuvent transformer l'attitude des musiciens en quelques secondes. Je dois donc garder l'œil ouvert, suivre les déplacements et anticiper le prochain instant fort plutôt que de me limiter à des portraits statiques.

C'est précisément ce qui me plaît dans la photographie de metal et de hardcore : il faut réussir à montrer à la fois la puissance et la précision. Une image peut restituer la tension d'un geste de guitare, la concentration du batteur, l'engagement du chanteur ou la cohésion des cinq membres du groupe.

Jake Luhrs au cœur de l'action

Au chant, Jake Luhrs apporte une présence scénique qui donne immédiatement du relief au reportage. Dans un concert de metalcore, le chanteur constitue souvent un point d'ancrage visuel : son expression, sa posture et ses mouvements peuvent résumer en un seul cliché l'intensité d'un morceau.

Je cherche les instants où son attitude et la lumière se rencontrent, tout en variant les cadrages pour ne pas réduire le reportage à une suite de portraits. Une photographie serrée permet de saisir l'expression et l'effort ; un plan plus large replace le chanteur dans l'espace scénique et fait ressortir la relation avec les autres musiciens.

L'enjeu reste de conserver une série vivante et cohérente, qui donne envie de retrouver le concert au-delà de la seule image. En photographie live, je ne peux pas demander à un artiste de refaire un geste : je dois observer, anticiper et déclencher au bon moment.

JB Brubaker, Brent Rambler, Dustin Davidson et Matt Greiner

La force d'August Burns Red repose aussi sur le travail collectif de ses musiciens. JB Brubaker et Brent Rambler façonnent le son du groupe avec leurs guitares, Dustin Davidson tient la basse et Matt Greiner assure la batterie. Avec Jake Luhrs au chant, ils forment la composition associée au groupe lors de cette période.

D'un point de vue photographique, chaque poste appelle un regard différent. Les guitaristes offrent des lignes, des gestes et des positions très graphiques ; la basse apporte une autre présence dans le cadre ; la batterie permet de travailler sur la gestuelle, la concentration et le mouvement. Alterner ces sujets aide à raconter le concert dans son ensemble, au lieu de photographier uniquement la figure la plus visible.

Je cherche donc un équilibre entre les portraits, les plans plus larges et les détails instrumentaux. Il faut également surveiller les lumières, parfois très contrastées, et rester prêt à changer rapidement de cadrage lorsque l'action se déplace.

La Mainstage 2 du Hellfest : un concert au milieu du festival

Le Hellfest OpenAir Festival 2016 transforme Clisson en un vaste terrain consacré aux musiques extrêmes et au rock. Les différentes scènes accueillent des groupes aux univers très variés, et chaque déplacement demande de se réadapter à une nouvelle ambiance.

Pour August Burns Red, la Mainstage 2 offre un cadre de grande ampleur. La scène, les structures techniques et l'espace du festival donnent une dimension spectaculaire aux images. Je peux chercher des cadrages serrés pour isoler un musicien, mais aussi élargir la composition pour replacer le groupe dans son environnement.

Le soleil et la lumière du jour imposent une autre lecture que celle d'un concert nocturne. Les contrastes sont différents, les détails de la scène peuvent être plus visibles et les ombres évoluent avec les mouvements. Il faut composer avec ces conditions telles qu'elles sont, sans essayer de fabriquer une lumière qui n'existe pas.

Une setlist efficace pour le live

Les comptes rendus et relevés de setlist de cette date mentionnent un enchaînement comprenant notamment « Martyr », « Identity », « Empire », « Everlasting Ending », « Provision », « Back Burner », « Ghosts », « Composure », « Majoring in the Minors » et « White Washed ». Plusieurs de ces titres sont associés à l'album Found in Far Away Places, tandis que d'autres renvoient aux différentes étapes du parcours du groupe.

Pour la photographie, une setlist de ce type laisse peu de place à la routine. Les passages plus rapides, les ruptures de rythme et les refrains offrent des occasions différentes de saisir les musiciens. Je reste attentif aux changements d'intensité pour varier les images et construire un reportage qui reflète le déroulement du concert.

Je préfère toutefois laisser les photographies parler d'elles-mêmes : l'objectif de mon travail n'est pas de retranscrire chaque morceau dans un compte rendu technique, mais de conserver l'énergie générale du live et les moments les plus forts de la prestation.

Photographier le metalcore : trouver le bon instant

La photographie de concert est un exercice d'anticipation. Les gestes sont rapides, les expressions changent, les éclairages évoluent et l'on ne peut jamais être certain de retrouver exactement le même instant. Dans le metalcore, cette difficulté est accentuée par la densité du jeu instrumental et l'énergie physique de la scène.

Je cherche à varier les images : une expression du chanteur, la main sur le manche d'une guitare, un musicien penché dans son jeu, le batteur en pleine action ou une vue plus globale du groupe. Cette alternance crée du rythme dans la série photographique et aide à raconter le concert avec davantage de nuances.

Je garde aussi à l'esprit qu'une photo de concert ne doit pas seulement être techniquement réussie. Elle doit transmettre quelque chose de la performance : la tension, la puissance, la concentration ou le plaisir de jouer. C'est ce supplément qui me donne envie de conserver et de partager une image.

Mon regard de Landes Photographe

Même lorsque je travaille à Clisson, en Loire-Atlantique, mon approche reste celle de Landes Photographe : observer, raconter et conserver une trace visuelle d'un événement. Le concert est un sujet éphémère, mais les images peuvent prolonger sa mémoire et retrouver leur place dans une archive musicale plusieurs années plus tard.

Photographier August Burns Red au Hellfest 2016, c'est aussi témoigner d'une scène metalcore internationale qui occupe une place bien identifiable dans la programmation du festival. Je cherche à donner à voir autant les individualités que la cohésion du groupe, et à restituer une partie de l'ambiance de cette journée.

Je ne cherche pas à transformer la scène en décor artificiel. Je travaille avec les conditions disponibles, j'observe ce qui se passe devant moi et je déclenche lorsque les mouvements, l'expression et la composition s'accordent. C'est cette part d'imprévu qui rend chaque reportage différent.

De la carte mémoire au reportage finalisé

Après le concert, je conserve un flux de travail volontairement simple. J'importe les fichiers avec RapidPhoto Downloader, puis je gère, sélectionne et développe les images dans RAWmakase. L'ensemble de cette chaîne photographique fonctionne sous Linux Omarchy.

Je reste bref sur cette étape : l'essentiel est de retrouver une cohérence dans la série, d'ajuster le rendu sans dénaturer les fichiers et de choisir les photographies qui traduisent le mieux l'énergie du concert.

Mon workflow : RapidPhoto Downloader → RAWmakase → export des images, sous Linux Omarchy.

August Burns Red au Hellfest 2016 : un souvenir de metalcore en images

Cette couverture photographique du 18 juin 2016, réalisée vers 12 h 55, conserve la trace du passage d'August Burns Red sur la Mainstage 2 du Hellfest OpenAir Festival. Entre la puissance du metalcore, la précision instrumentale et l'intensité du jeu scénique, le groupe offre une matière riche pour la photographie live.

Je garde de ce reportage l'envie de restituer l'engagement des musiciens et la dynamique de leur musique sans perdre de vue l'essentiel : être au bon endroit, regarder attentivement et saisir l'instant où tout se rejoint dans le cadre.

C'est aussi cela, le travail de Landes Photographe : transformer une prestation éphémère en une série d'images qui continue de raconter le concert bien après que la scène s'est vidée.