Le vendredi 17 juin 2016, je retrouve l'intensité du Hellfest OpenAir Festival, à Clisson, en Loire-Atlantique, pour assurer la couverture photographique du concert de Killswitch Engage. Ma série se construit autour de 18h30, au moment où le groupe américain fait monter la pression sur la Warzone.

Pour moi, ce genre de concert est un terrain de jeu exigeant. Le metalcore combine des riffs puissants, des ruptures rythmiques, des passages mélodiques et une énergie scénique qui ne laisse que peu de répit. Il faut être attentif aux mouvements, à l'éclairage et aux expressions : les instants les plus forts ne durent parfois qu'une fraction de seconde.

Avec Landes Photographe, je cherche à raconter la prestation par l'image, sans figer artificiellement ce qui fait la force du live. Je veux conserver l'intensité du groupe, les contrastes de la scène et la relation qui se construit avec le public.

Killswitch Engage : la puissance du metalcore américain

Originaire du Massachusetts, Killswitch Engage est devenu au fil des années un nom majeur du metalcore américain. Le groupe fait se rencontrer la précision du metal, l'urgence du hardcore et des refrains mélodiques immédiatement reconnaissables. Cette alternance entre puissance et mélodie donne à sa musique une dynamique particulièrement photogénique.

En 2016, le groupe vient aussi défendre Incarnate, paru le 11 mars de la même année. Le disque apporte plusieurs titres récents à un répertoire qui comprend déjà des morceaux marquants de la carrière du groupe. La date du Hellfest s'inscrit dans cette période de tournée et présente un Killswitch Engage qui alterne nouveaux titres, classiques et morceaux fédérateurs.

Sur scène, cette variété me donne plusieurs approches possibles : les moments de tension dans les passages les plus lourds, les mouvements amples des musiciens, mais aussi les instants où la mélodie prend le dessus et où les visages s'éclairent différemment.

Jesse Leach, au centre de l'intensité

Au micro, Jesse Leach apporte une présence puissante et expressive. Son travail vocal traverse aussi bien les passages agressifs que les refrains mélodiques ; je reste donc attentif aux changements d'attitude, aux gestes et aux expressions qui donnent un relief particulier aux images.

En photographie de concert, je ne peux pas demander à un chanteur de répéter un mouvement ou de retrouver une expression. Je dois observer, anticiper et déclencher au bon moment. Une main tendue vers le public, un geste au micro, une silhouette découpée dans la lumière ou un regard concentré peuvent devenir le point d'équilibre d'une photographie.

C'est cette recherche de l'instant qui m'intéresse. Je ne veux pas seulement montrer Jesse Leach en train de chanter : je veux transmettre une part de l'engagement et de l'intensité que je perçois sur scène.

Adam Dutkiewicz, Joel Stroetzel, Mike D'Antonio et Justin Foley

La force visuelle de Killswitch Engage vient aussi de son jeu collectif. Adam Dutkiewicz et Joel Stroetzel apportent les deux guitares, Mike D'Antonio tient la basse et Justin Foley assure la batterie. Avec Jesse Leach au chant, cette formation compose le line-up du groupe à cette période.

Les deux guitares structurent le spectacle : riffs précis, déplacements, changements d'intensité et passages mélodiques. La basse et la batterie forment une assise qui donne au concert son impact physique. Dans le cadre, je cherche autant les portraits individuels que les compositions plus larges capables de montrer les musiciens dans leur dialogue.

Le défi est de ne pas produire une simple collection de portraits. Pour raconter véritablement un concert, je dois varier les distances et les angles : un détail d'instrument, un cadrage serré sur le chanteur, un plan plus ouvert qui inclut les autres musiciens, puis une image où la scène et le public donnent leur mesure à l'événement.

La Warzone : une autre énergie au cœur du Hellfest

La Warzone possède une identité forte au sein du Hellfest OpenAir Festival. Elle accueille des groupes issus notamment des scènes punk, hardcore et metalcore, avec une atmosphère souvent plus directe, au plus près de l'énergie du public.

Photographier Killswitch Engage dans cet environnement, c'est travailler au cœur d'un festival où les ambiances changent constamment d'une scène à l'autre. Je dois composer avec les éclairages, les contrastes, les mouvements des musiciens et la présence du public, tout en restant attentif à ce qui se déroule devant mon objectif.

Je cherche à rendre compte de cette expérience sans transformer la scène en décor. Les lumières, la fumée, les silhouettes et les mouvements font pleinement partie de l'image. Je préfère conserver le caractère vivant du concert plutôt que de lisser tous les contrastes : le reportage doit rester fidèle à ce que j'ai pu observer.

Un set entre nouveaux titres et classiques

Le concert du 17 juin 2016 mêle des titres de l'album Incarnate et des morceaux plus anciens. La setlist enregistrée pour cette date comprend notamment « A Bid Farewell », « Strength of the Mind », « Fixation on the Darkness », « Alone I Stand », « Beyond the Flames », « Hate by Design », « My Last Serenade », « Rose of Sharyn », « The End of Heartache », « My Curse » et « In Due Time ».

Cette succession permet de passer de séquences très lourdes à des refrains que le public connaît et reprend avec le groupe. Pour le photographe, chaque morceau peut offrir un rythme et une attitude différents. Je dois rester disponible, car l'instant fort ne se trouve pas toujours au moment où on l'attend.

La photographie live se construit ainsi par une succession de petites décisions : suivre un musicien, anticiper un changement de lumière, élargir le cadre pour capter l'énergie collective ou revenir sur une expression au bon moment. C'est cette attention constante qui me permet de construire une série cohérente.

Photographier l'énergie plutôt que simplement documenter la scène

Un reportage de concert ne se limite pas à prouver qu'un groupe était sur scène à une date donnée. Il peut aussi transmettre une sensation : la puissance d'un riff, la tension d'un geste, la manière dont la lumière découpe une silhouette ou la réaction d'une foule.

Avec Killswitch Engage, je cherche cet équilibre entre la force physique du metalcore, la précision du jeu et les passages plus mélodiques. Je varie les plans pour donner de la respiration à la série : portraits, vues de scène, détails et moments où plusieurs musiciens se retrouvent dans la même composition.

Je veux que les images fonctionnent ensemble comme un live report photographique. Chaque photo possède sa propre force, mais elle participe également à l'histoire de la prestation et à la mémoire de cette édition du Hellfest.

Le Hellfest 2016, une archive musicale

Photographier Killswitch Engage au Hellfest 2016, c'est aussi conserver une trace d'une édition précise du festival. Les concerts sont éphémères : une fois la musique terminée, il ne reste que les souvenirs, les enregistrements et les images produites sur place.

Mes photographies deviennent donc une archive de la scène, des musiciens, des lumières et du public. Plusieurs années plus tard, elles permettent de retrouver une époque, une tournée et l'atmosphère d'un événement musical majeur à Clisson.

C'est une dimension importante de mon travail de Landes Photographe. Même lorsque je travaille loin des Landes, je garde la même approche : observer, témoigner et raconter l'événement par l'image plutôt que chercher à produire des photos déconnectées de ce que j'ai vécu.

Mon regard de Landes Photographe

Ce reportage de Killswitch Engage au Hellfest OpenAir Festival 2016 rassemble plusieurs choses que j'apprécie dans la photographie de concert : une musique puissante, une scène pleine de mouvement, des éclairages changeants et des artistes dont l'engagement fournit constamment de nouvelles possibilités d'image.

Je cherche avant tout à être réactif et à conserver ce qui fait l'authenticité du live. Une expression, une posture ou un moment de lumière peuvent suffire à résumer une partie du concert. Il faut les voir, les anticiper et déclencher sans interrompre le fil de l'événement.

C'est ainsi que je conçois le reportage : une présence discrète mais attentive, au service de la musique et de sa mémoire visuelle.

De la carte mémoire au développement RAW

Après le concert, je garde un flux de travail volontairement simple. J'importe les images avec RapidPhoto Downloader, puis je les gère, les sélectionne et les développe avec RAWmakase. L'ensemble de ma chaîne photographique fonctionne sous Linux Omarchy.

Je reste bref sur cette partie : l'essentiel consiste à sélectionner les images qui racontent le mieux la prestation et à leur donner un rendu cohérent, en conservant l'énergie de la lumière et l'atmosphère de la Warzone.

Killswitch Engage à Clisson : la puissance du live en images

Le 17 juin 2016, autour de 18h30, j'étais à Clisson pour photographier Killswitch Engage dans le cadre du Hellfest. Entre les riffs massifs, les envolées mélodiques et l'engagement de Jesse Leach, le groupe offrait une matière riche pour la photographie live.

Avec Adam Dutkiewicz, Joel Stroetzel, Mike D'Antonio et Justin Foley, la prestation prenait toute sa dimension collective. Mon objectif était de conserver quelques fragments de cette intensité : des portraits, des attitudes, des lumières, des gestes et des instants partagés avec le public.

Ces images sont aujourd'hui un témoignage de cette journée de festival. C'est aussi ce qui me motive dans le travail de Landes Photographe : garder une trace des concerts et des scènes musicales, et donner aux images la possibilité de raconter encore l'événement bien après que les amplificateurs se sont tus.