Le vendredi 7 août 2015 à 21h40, je me trouve sur le domaine universitaire de Talence-Pessac-Gradignan, en Gironde, pour assurer la couverture photographique du concert d’Asian Dub Foundation dans le cadre du Reggae Sun Ska Festival 2015.
Avec Landes Photographe, j’aime ces concerts où les frontières entre les genres musicaux deviennent floues. Asian Dub Foundation réunit depuis ses débuts le dub, le hip-hop, l’électro, le reggae, les rythmiques breakbeat et une énergie proche du rock. Sur scène, cette combinaison donne une matière très riche à photographier : les gestes des musiciens, les interactions, les micros, les instruments et les mouvements qui donnent vie au son.
Ce reportage est aussi un témoignage de l’édition 2015 du Reggae Sun Ska, rendez-vous majeur de la musique reggae en France, organisé cette année-là du 7 au 9 août sur le campus bordelais. Le festival réunissait plusieurs scènes et une programmation ouverte au reggae, au ska, au dancehall, au dub et aux musiques électroniques.
Asian Dub Foundation : un son sans frontières
Asian Dub Foundation est un groupe britannique dont l’identité s’est construite sur le mélange des styles. Le dub et le reggae y croisent les rythmiques du hip-hop, la vitesse du drum and bass, les textures électroniques et une approche très énergique du rock. Le résultat est dense, direct et difficile à réduire à une seule étiquette.
Pour moi, cette richesse sonore constitue un vrai défi photographique. Le rythme est souvent soutenu, les artistes occupent l’espace et les différents éléments du groupe participent ensemble à la construction du morceau. Je dois donc rester attentif aux déplacements, aux échanges de regards, aux gestes et à la lumière pour saisir des images qui racontent réellement le concert.
Je ne cherche pas uniquement à obtenir un portrait de chaque musicien. J’essaie plutôt de construire une série cohérente : des plans rapprochés pour capter une expression, des vues plus larges pour montrer la dynamique collective, puis des images de scène qui restituent une partie de l’atmosphère du festival.
Une formation portée par des personnalités fortes
Autour de Steve Chandra Savale, également connu sous le nom de Chandrasonic, Asian Dub Foundation s’appuie sur une identité musicale et scénique immédiatement reconnaissable. Parmi les noms associés à cette période figurent notamment Dr Das, Rocky Singh, Ghetto Priest, Nathan « Flutebox » Lee et Aktar Ahmed, également présenté sous le nom de scène Aktarv8r ou parfois orthographié Mc Aktarvata.
La présence de ces artistes donne au concert une grande variété de gestes et d’attitudes à observer. Entre les voix, les percussions, les instruments et les textures électroniques, la scène reste en mouvement. Pour le photographe, il faut être prêt à changer rapidement de cadrage et à repérer l’instant où une expression ou un geste vient résumer l’énergie du morceau.
Je reste volontairement au plus près de ce que je peux saisir avec l’appareil : un chanteur dans la lumière, un musicien concentré, une silhouette qui se détache sur le fond de scène ou un échange qui traduit l’intensité du live.
Le Reggae Sun Ska : un festival, un campus, plusieurs univers musicaux
Le Reggae Sun Ska Festival a rejoint le domaine universitaire bordelais en 2014. L’édition 2015, sa 18e édition, y revient du 7 au 9 août avec une programmation répartie sur plusieurs scènes et une place importante accordée aux artistes internationaux. La présence d’Asian Dub Foundation illustre bien l’ouverture du festival à des sonorités qui dépassent le reggae traditionnel, notamment du côté du dub, de l’électro et du hip-hop.
Le cadre du campus donne au reportage une dimension particulière. Je ne photographie pas seulement un groupe dans une salle fermée : je travaille au sein d’un événement en plein air, dans un environnement où se croisent plusieurs scènes, les déplacements du public et les ambiances propres à un grand festival.
Chaque concert possède sa couleur et son rythme. Avec Asian Dub Foundation, le son est puissant, hybride et nerveux. Je cherche à traduire cette énergie dans les images sans perdre de vue la lisibilité du reportage.
Photographier le dub rock, le hip-hop et l’électro en live
La photographie de concert ne consiste pas seulement à figer un artiste au moment où il chante. Elle doit aussi raconter une présence, un mouvement et une relation avec le son. Avec Asian Dub Foundation, les influences dub rock, reggae, hip-hop et électroniques offrent différentes possibilités : expressions vocales, gestes instrumentaux, attitudes scéniques et compositions plus larges où l’on perçoit le groupe dans son ensemble.
Dans ce type de concert, je cherche à alterner les prises de vue. Un plan serré peut révéler une concentration ou une émotion, tandis qu’un cadrage plus ouvert montre la manière dont les musiciens se partagent l’espace. Les lumières, les contrastes et les changements de position jouent un rôle essentiel dans le rendu final.
Je dois également composer avec les conditions du live : la lumière ne reste jamais fixe, les mouvements sont rapides et l’instant ne se répète pas. Une photographie réussie dépend autant de l’anticipation que du déclenchement. C’est ce qui rend ce travail passionnant : il faut observer, réagir et garder suffisamment de recul pour raconter la soirée en images.
Un reportage photographique, pas seulement une galerie de portraits
Pour moi, un live report photographique doit aller au-delà d’une succession de portraits d’artistes. Je cherche à conserver des fragments de ce que j’ai vécu au bord de la scène : la tension d’un morceau, une expression, un geste, un éclairage ou une interaction qui résume l’énergie du concert.
Je garde également en tête la dimension documentaire de mon travail. Des photographies réalisées en 2015 permettent de retrouver une édition précise du Reggae Sun Ska, une programmation et une ambiance propres à cette période. Plusieurs années plus tard, ces images deviennent des archives de la scène musicale et de la vie culturelle en Gironde.
C’est cette démarche que je poursuis avec Landes Photographe : raconter les concerts tels que je les ai vus, sans chercher à reconstruire artificiellement la scène. Je m’adapte à la lumière, aux déplacements et aux conditions du moment pour rapporter une série qui conserve l’identité du groupe et l’atmosphère de l’événement.
Du concert aux images finales
Après le festival, je garde un flux de travail volontairement simple. J’importe les fichiers avec Rapid Photo Downloader, puis je gère, sélectionne et développe mes photographies dans Rawmakase, le tout sous Linux Omarchy.
Je reste bref sur cette partie : l’essentiel consiste à choisir les images fortes, à garder une cohérence de rendu et à restituer l’ambiance du concert sans dénaturer ce que j’ai photographié.
Asian Dub Foundation au Reggae Sun Ska : une mémoire musicale de 2015
Cette couverture photographique d’Asian Dub Foundation, réalisée le 7 août 2015 à 21h40 sur le domaine universitaire de Talence-Pessac-Gradignan, s’inscrit dans mes archives de concerts en Gironde. Elle témoigne d’un groupe capable de réunir dub, hip-hop, électro, reggae et rock au sein d’un même univers scénique.
À travers mes images, je cherche à conserver cette intensité : les musiciens, leurs gestes, la lumière et l’énergie du live. Le concert n’existe plus que dans la mémoire de celles et ceux qui y ont assisté, mais la photographie permet d’en préserver quelques instants.
C’est finalement ce qui me plaît dans le reportage musical : être présent au bon moment, observer ce qui se passe et transformer quelques secondes de scène en images capables de traverser le temps.























