Le 17 juin 2016, je retrouve l’effervescence du Hellfest OpenAir Festival à Clisson pour assurer la couverture photographique d’Audrey Horne. À 11 h 50, mon reportage se déroule au cœur du set du groupe norvégien, dont le passage sur la Mainstage 2 est programmé de 11 h 40 à 12 h 10. Le festival vient à peine de lancer sa première journée, mais les amplis sont déjà prêts à faire parler le hard rock.
Avec Landes Photographe, mon objectif est de saisir ce qui fait un concert : les attitudes, les déplacements, les échanges entre musiciens, la lumière, et ces instants fugaces qui donnent à une image sa force. Audrey Horne se prête particulièrement bien à cet exercice avec un rock direct, mélodique et très vivant.
Audrey Horne : le hard rock norvégien sur la Mainstage 2
Originaire de Bergen, en Norvège, Audrey Horne navigue entre hard rock classique, riffs puissants et refrains immédiatement mémorisables. Leur son associe l’énergie du rock’n’roll à un sens affirmé de la mélodie. Au Hellfest, le groupe dispose d’un créneau resserré d’une trentaine de minutes : chaque morceau compte et il faut aller droit au but.
Je cherche à traduire cette efficacité en images. Un guitariste qui se penche vers le public, un geste de Toschie au micro, une attitude saisie entre deux riffs ou une silhouette découpée par la lumière : autant d’éléments qui permettent de raconter le concert sans en figer l’énergie.
Toschie : une présence scénique expressive
Au centre du dispositif, Toschie, chanteur connu également sous le nom de Torkjell Rød, attire naturellement le regard. Sa gestuelle, son rapport au micro et sa manière d’occuper l’espace offrent plusieurs possibilités de cadrage. Il ne s’agit pas seulement de réaliser un portrait frontal : je cherche aussi les instants où le chanteur entre en interaction avec la scène et les premiers rangs.
La photographie live impose d’anticiper. Une expression ne dure parfois qu’une fraction de seconde, et le geste qui semblait anodin peut devenir l’image la plus parlante de la série. Je reste donc attentif aux mouvements du chanteur tout en gardant un œil sur le reste du groupe.
Ice Dale et Thomas Tofthagen : deux guitares, une même énergie
Les guitares jouent un rôle essentiel dans le son d’Audrey Horne. Ice Dale, de son vrai nom Arve Isdal, et Thomas Tofthagen alternent les riffs et les interventions solistes, avec des attitudes qui donnent du relief à la scène. Pour un photographe, cette complémentarité permet de varier les images : portraits serrés, plans plus larges, gestes sur le manche, postures et échanges entre les musiciens.
Je cherche à éviter une série composée uniquement de visages. En alternant les cadrages et les distances, je peux faire ressortir l’identité du groupe et donner au reportage un rythme comparable à celui du concert.
Kjetil Greve et Espen Lien : la base rythmique
À la batterie, Kjetil Greve soutient la puissance du groupe, tandis que Espen Lien assure la basse. Même lorsque le chanteur ou les guitaristes attirent naturellement l’attention, la section rythmique participe pleinement à l’équilibre du spectacle.
Je garde donc aussi ces musiciens dans mon champ de recherche photographique. La batterie apporte du mouvement et des gestes amples ; la basse offre d’autres postures et une relation différente au rythme. Ces images complètent les portraits des guitaristes et du chanteur pour donner une vue plus juste du groupe au travail.
Une setlist courte et efficace
Le set du Hellfest 2016 est condensé, mais il met en avant plusieurs morceaux emblématiques d’Audrey Horne, notamment :
- Redemption Blues
- Straight Into Your Grave
- Youngblood
- Out of the City
- Pretty Little Sunshine
- Waiting for the Night
Le répertoire fait la part belle à l’album Youngblood, tout en gardant une place à Pure Heavy. Avec un temps de scène limité, le groupe enchaîne les titres sans s’attarder. Le dernier morceau, Waiting for the Night, apporte un final mélodique qui invite le public à reprendre le refrain.
Photographier un festival : saisir les détails et l’ensemble
Le Hellfest OpenAir Festival est un environnement à part. Les changements de scènes, les horaires serrés, la lumière extérieure et la météo demandent de rester réactif. Le passage d’Audrey Horne se déroule en fin de matinée, dans des conditions typiques d’un festival de plein air où la lumière et le vent peuvent évoluer rapidement.
Je cherche donc à construire un reportage varié : des portraits pour restituer les personnalités, des plans plus larges pour replacer les musiciens sur scène, et des détails pour conserver la sensation du live. Une bonne série ne se résume pas à un cliché isolé : elle raconte un ensemble, avec des images qui se répondent.
Clisson, la Loire-Atlantique et les archives du Hellfest
Photographier Audrey Horne au Hellfest 2016, c’est aussi conserver une trace d’une édition précise du festival et de son affiche. Chaque reportage vient enrichir mes archives de concerts : un groupe, une scène, un horaire et une atmosphère qui ne se reproduiront jamais tout à fait de la même manière.
C’est une dimension importante de mon travail de Landes Photographe. Même lorsque je travaille loin des Landes, je garde la même approche : observer, raconter et conserver des images qui témoignent d’un événement musical.
Mon flux de travail photographique sous Linux Omarchy
Après le concert, je conserve une chaîne de production simple. J’importe les photographies avec RapidPhoto Downloader, puis je les gère et les développe sous Rawmakase, le tout sous Linux Omarchy. Je reste volontairement bref sur cette étape : l’essentiel est de sélectionner les images fortes, de garder un rendu cohérent et de préserver l’énergie du concert.
Audrey Horne au Hellfest : trente minutes de rock à raconter
La couverture photographique d’Audrey Horne le 17 juin 2016 reste un témoignage de cette première journée du Hellfest. Le hard rock du groupe, les guitares d’Ice Dale et de Thomas Tofthagen, la présence de Toschie et la section rythmique de Kjetil Greve et Espen Lien offrent autant de matière pour construire une série vivante.
À travers mes photographies, je cherche à retenir quelques fragments de ce passage sur la Mainstage 2 : un geste, une expression, un riff, un échange avec le public. C’est toute la raison d’être du live report photographique : transformer quelques secondes de musique en images qui continuent à raconter le concert, longtemps après que les amplis se sont tus.










