📸 RAWmakase : le logiciel photo RAW qui m’a réconcilié avec le plaisir du développement
Il y a des logiciels que l’on essaie par curiosité, d’autres que l’on garde dans un coin de son ordinateur… et puis il y a ceux qui finissent par changer complètement notre manière de travailler. Depuis sa parution, RAWmakase fait clairement partie de cette dernière catégorie pour moi.
Après des années à essayer différents outils de développement RAW sous Linux, j’ai retrouvé avec RAWmakase une sensation que je n’avais plus connue depuis Bibble Pro 5. C’est une comparaison très personnelle, liée autant au plaisir d’utilisation qu’à la manière dont le logiciel s’intègre dans mon travail de photographe.
Aujourd’hui, le constat est simple : j’ai basculé mes reportages récents et mes anciennes archives photographiques dans RAWmakase. Ma chaîne de travail a évolué avec lui et s’organise désormais autour de trois étapes principales : Rapid Photo Downloader pour l’importation, RAWmakase pour la gestion et le développement des images, le tout sous Linux Omarchy.
Mon avis en quelques mots : RAWmakase m’a redonné envie de parcourir mes archives, de reprendre mes anciens reportages et de travailler mes fichiers RAW dans un environnement qui me semble à la fois direct, réactif et cohérent.
RAWmakase, c’est quoi exactement ?
RAWmakase est un logiciel de développement photographique destiné aux fichiers RAW. Gratuit et open source, il est disponible pour Linux, macOS et Windows. Le projet est développé en Rust et s’appuie notamment sur LibRaw pour lire de nombreux formats RAW. Il permet ensuite d’ajuster les images et de les exporter notamment en JPEG ou en TIFF 16 bits.
Son approche rappelle certains principes que beaucoup de photographes connaissent déjà : une bibliothèque pour retrouver ses images, une zone de développement qui regroupe les réglages essentiels et un fonctionnement non destructif. Les corrections sont enregistrées dans le catalogue plutôt que gravées dans le fichier original.
C’est un aspect important pour moi. Mes fichiers originaux restent intacts et je peux reprendre une image, ajuster son rendu ou revenir sur une ancienne interprétation sans dégrader mon RAW d’origine.
RAWmakase n’est pas seulement un petit convertisseur RAW qui ouvre une photo à la fois. Il réunit progressivement plusieurs fonctions qui permettent de prendre en charge une part importante du travail photographique : classement, sélection, notation, développement, comparaison et exportation.
Pourquoi je retrouve l’esprit de Bibble Pro 5
Les photographes qui utilisent Linux depuis longtemps se souviendront peut-être de Bibble Pro 5. C’était un logiciel que j’appréciais particulièrement pour son approche du développement RAW et son orientation vers un travail photographique efficace. Après le rachat de Bibble Labs par Corel, Bibble Pro a laissé place à la famille de logiciels AfterShot Pro. Pour ma part, je n’avais pas retrouvé depuis un logiciel qui me procurait tout à fait la même satisfaction.
Je ne prétends pas que RAWmakase soit une copie de Bibble Pro 5 : les deux programmes ont leur propre conception, leur propre moteur et leur propre interface. Mais je retrouve une sensation familière : ouvrir mes photos, intervenir sur le rendu sans me perdre dans une multitude d’étapes, comparer, corriger et avancer dans mon reportage.
C’est aussi une affaire de rythme. Quand je travaille sur une série de photos, j’ai besoin que le logiciel accompagne mon regard et ne devienne pas un obstacle. Je veux pouvoir me concentrer sur l’exposition, les couleurs, les détails et l’homogénéité de la série, plutôt que lutter contre mon outil.
C’est cette relation simple et directe à mes photographies qui m’a rappelé Bibble Pro 5. Et c’est une des raisons pour lesquelles RAWmakase a pris une place aussi importante dans mon quotidien.
Un logiciel qui progresse à une vitesse impressionnante
Le rythme de développement est l’un des aspects les plus remarquables de RAWmakase. Le projet est encore jeune, mais les versions se sont enchaînées rapidement et chacune a apporté des améliorations concrètes. À la date de rédaction de cet article, le site officiel présente la version 0.2.4.
En l’espace de quelques jours, les versions successives ont notamment élargi les outils de développement, ajouté l’exportation par lot, réorganisé les fondations internes de l’application, introduit des masques assistés par intelligence artificielle et amélioré l’expérience de la bibliothèque.
Des réglages photographiques plus complets
RAWmakase propose déjà un ensemble solide d’outils de développement :
- balance des blancs et réglage automatique de la tonalité ;
- exposition, contraste, tons clairs, ombres, blancs et noirs ;
- courbes de tonalité et niveaux ;
- clarté et correction du voile atmosphérique ;
- mélangeur de couleurs HSL et colorimétrie ;
- accentuation et réduction du bruit ;
- recadrage, redressement et transformations ;
- corrections optiques, profils et calibration des couleurs ;
- préréglages pour retrouver rapidement un rendu.
L’ajout d’outils comme Point Color, les roues de Color Grading, les vues Avant/Après et la vue de référence va dans le bon sens : il devient plus facile de travailler finement les couleurs, de comparer deux interprétations ou d’harmoniser le rendu d’une série.
Un catalogue photo et un export par lot
RAWmakase développe également sa partie bibliothèque. On peut y organiser les dossiers, gérer les catalogues, filtrer les images et s’appuyer sur des notes, des drapeaux, des étiquettes de couleur et des mots-clés.
L’exportation par lot est une évolution particulièrement utile pour un reportage. Plutôt que d’exporter les images une par une, je peux sélectionner plusieurs photographies et les envoyer à l’export en conservant les réglages propres à chacune.
La possibilité d’importer un catalogue Lightroom Classic — avec certains réglages compatibles, ainsi que les notes, les drapeaux, les étiquettes et les mots-clés — peut aussi faciliter une transition pour les photographes qui souhaitent changer d’environnement. Cette compatibilité vise une proximité de rendu, pas une reproduction absolument identique de Lightroom.
Les masques : une nouvelle étape, encore expérimentale
Les versions récentes ont introduit des masques capables de sélectionner le sujet, le ciel ou l’arrière-plan, avec la possibilité d’affiner la sélection. C’est une évolution intéressante pour réaliser des corrections locales sans devoir tout traiter uniformément.
Il faut néanmoins garder à l’esprit que ces fonctions sont encore expérimentales. Le projet avance vite, mais il ne faut pas présenter ces outils comme infaillibles ni considérer RAWmakase comme un logiciel arrivé à maturité complète.
Des progrès qui touchent aussi la stabilité et le confort
Toutes les améliorations ne se voient pas immédiatement dans une liste de fonctions. Une application photo doit aussi rester agréable à utiliser au quotidien : ouverture des images, sauvegarde des corrections, comportement des panneaux, gestion des catalogues et compatibilité avec différentes configurations matérielles.
Les versions récentes ont corrigé plusieurs problèmes de performances sous Linux et amélioré le comportement de la bibliothèque. La réorganisation interne du logiciel est également importante : elle donne au développeur une base plus claire pour entretenir le projet et ajouter de nouvelles fonctions.
C’est un point que j’apprécie particulièrement. L’évolution ne se limite pas à ajouter des boutons ; elle concerne aussi le fonctionnement général du logiciel.
Les principaux avantages de RAWmakase
| Avantage | Ce que cela change dans mon travail |
|---|---|
| Gratuit et open source | Pas d’abonnement pour développer mes fichiers RAW ; le code du projet est publié sous licence MIT. |
| Développement non destructif | Les originaux restent intacts et les corrections sont conservées séparément dans le catalogue. |
| Bibliothèque intégrée | Je peux gérer mes images, les noter, les filtrer et les retrouver dans le même environnement que le développement. |
| Aperçus accélérés par le GPU | Sur une configuration compatible, le traitement de l’aperçu bénéficie de l’accélération graphique, avec une solution de repli CPU. |
| Outils de couleur qui s’étoffent | Courbes, mélangeur HSL, color grading, profils et réglages de tonalité offrent de plus en plus de latitude. |
| Exportation par lot | Un ensemble d’images peut être exporté sans devoir répéter l’opération pour chaque photo. |
| Presets et profils | Les préréglages accélèrent certaines tâches et les profils permettent d’adapter la base de rendu. |
| Linux pris en charge nativement | RAWmakase trouve naturellement sa place dans mon environnement Linux Omarchy. |
| Évolution active | Les versions publiées rapprochent progressivement le logiciel d’un workflow photo plus complet. |
Ce sont ces avantages combinés qui font la différence. Je ne cherche pas un logiciel qui possède simplement une longue liste de fonctions : je veux un outil avec lequel je peux travailler réellement, sur des reportages complets, et revenir sans appréhension sur des images anciennes.
Mon workflow photo a changé : Rapid Photo Downloader puis RAWmakase
L’arrivée de RAWmakase a modifié concrètement ma chaîne de travail. Avant, je répartissais davantage certaines tâches entre plusieurs applications. Désormais, j’ai choisi de centraliser la gestion et le développement de mes photographies dans RAWmakase.
1. Importation avec Rapid Photo Downloader
Je commence toujours par Rapid Photo Downloader, qui me permet d’importer les photographies depuis mes cartes mémoire et de les organiser dans les dossiers de destination prévus. C’est ma première étape après une séance, un concert ou un reportage.
2. Gestion et développement avec RAWmakase
Une fois les images importées, je passe dans RAWmakase. J’y retrouve mes reportages, je parcours les fichiers, je sélectionne les images à travailler, puis j’effectue le développement RAW : exposition, tonalité, équilibre des couleurs, détails, recadrage et exportation.
Le véritable changement, pour moi, est de pouvoir rester dans le même environnement pour retrouver les images et les développer. Mon flux devient plus cohérent et je passe moins d’un logiciel à l’autre.
3. L’ensemble fonctionne sous Linux Omarchy
Tout cela tourne sous Linux Omarchy, mon environnement de travail actuel. RAWmakase s’inscrit bien dans cette logique : un système Linux que je peux adapter à mes besoins et des logiciels qui me permettent de garder la maîtrise de ma chaîne de production photographique.
Mon workflow est donc désormais très simple :
Carte mémoire → Rapid Photo Downloader → RAWmakase (gestion, sélection et développement) → export des photographies.
Je tiens à cette simplicité. Moins de friction dans le flux de travail, c’est davantage de temps et d’attention consacrés aux images elles-mêmes.
J’ai aussi rapatrié mes anciens reportages dans RAWmakase
Je n’utilise pas RAWmakase uniquement pour les nouvelles photos. Depuis que je l’exploite, j’ai fait basculer mes reportages récents et mes anciennes archives photographiques dans ce logiciel.
C’est sans doute le meilleur indicateur de la confiance que je lui accorde. Tester un programme sur quelques fichiers est une chose ; choisir de l’intégrer à son travail quotidien et de lui confier des archives accumulées au fil des années en est une autre.
Revenir à mes anciens reportages me permet de retrouver des images parfois oubliées, de reconsidérer certaines sélections et d’envisager un nouveau développement à la lumière des possibilités actuelles. Mon archive n’est plus seulement un ensemble de dossiers conservés sur un disque : elle redevient une matière photographique que je peux explorer.
Je garde évidemment une règle essentielle : les fichiers RAW originaux doivent rester sauvegardés, et j’exporte les images terminées que je souhaite conserver ou diffuser. Le logiciel est encore en développement actif, et ses notes officielles préviennent que le moteur de rendu peut changer d’une version à l’autre et que la compatibilité des catalogues n’est pas garantie avant la version 1.0. Cela n’enlève rien à mon enthousiasme, mais c’est une précaution raisonnable pour tout photographe qui travaille sur des archives importantes.
RAWmakase est-il déjà parfait ?
Non, et ce n’est pas ce que je prétends. RAWmakase évolue rapidement, mais il reste un projet jeune. Certaines fonctions, notamment les masques, sont encore expérimentales ; le rendu cherche à se rapprocher de Lightroom sans garantir une équivalence parfaite ; et la prise en charge de certains types de RAW demeure limitée.
Il faut aussi être prudent avant une mise à jour majeure : les notes de version indiquent que le moteur de rendu peut changer, et que la compatibilité descendante des catalogues n’est pas encore garantie. Pour un travail professionnel, je recommande donc de conserver les originaux, des exports des images finalisées et une sauvegarde régulière des catalogues.
Je préfère le dire clairement plutôt que de présenter le logiciel comme une solution miracle. À mes yeux, son plus grand atout est justement d’être un projet en mouvement, avec un développement visible et une orientation qui correspond à ma façon de travailler.
Pourquoi RAWmakase est devenu mon logiciel de référence
Je pourrais détailler chaque curseur, chaque nouvelle fonction et chaque amélioration de version. Mais mon choix ne repose pas uniquement sur une fiche technique.
Il repose sur mon expérience de photographe : le plaisir de parcourir les images, le sentiment de pouvoir avancer rapidement dans une série, la liberté de reprendre les anciens reportages et la cohérence de l’ensemble de mon workflow.
Depuis Bibble Pro 5, je n’avais pas retrouvé un logiciel qui me donne autant envie de lui confier toute ma production photographique. RAWmakase est celui qui a franchi ce cap pour moi.
Je continuerai à suivre son évolution avec intérêt, parce que les progrès réalisés en peu de temps sont déjà impressionnants. Et surtout, je continuerai à l’utiliser sur mes reportages et mes archives, en gardant à l’esprit qu’un logiciel jeune mérite autant l’enthousiasme que la sauvegarde et la prudence.
Pour moi, le choix est désormais fait : Rapid Photo Downloader pour importer, RAWmakase pour gérer et développer, Linux Omarchy pour faire tourner tout l’ensemble. Et, après toutes ces années de photographie numérique, retrouver un outil qui me redonne ce plaisir-là, c’est déjà beaucoup.
