À 22h05, le vendredi 17 juin 2016, je retrouve la MainStage 2 du Hellfest OpenAir Festival pour photographier l'un des concerts les plus festifs de cette première journée : Dropkick Murphys.
Après une journée déjà particulièrement dense, le public change complètement d'ambiance. Le metal laisse momentanément la place au punk rock celtique, au folk-rock et à cette énergie communicative qui fait depuis longtemps la réputation des six musiciens originaires de Boston.
Pour moi, en tant que Landes Photographe, ce concert est un véritable terrain de jeu photographique. Ici, il ne suffit pas de photographier les musiciens : il faut aussi capter les bras levés, les chants collectifs, les sourires, les mouvements de foule et cette impression que toute la MainStage 2 s'est transformée en immense pub irlandais.
Le concert est programmé de 22h05 à 23h05 sur la MainStage 2, juste avant que Rammstein ne prenne possession de la MainStage 1.
En 2016, les Dropkick Murphys célèbrent leurs 20 ans.
Le groupe américain a construit son identité autour d'un mélange particulièrement efficace de punk rock, folk irlandais et musique traditionnelle, avec une instrumentation qui dépasse largement le classique trio guitare-basse-batterie.
Sur scène, je retrouve notamment Al Barr au chant et Ken Casey à la basse et au chant, accompagnés de James Lynch, Tim Brennan, Jeff DaRosa et Matt Kelly.
Accordéon, banjo, flûte et autres instruments traditionnels viennent se mêler aux guitares, à la basse et à la batterie.
Le résultat est immédiatement reconnaissable.
Le concert commence avec The Foggy Dew, chanson associée à Sinéad O'Connor, utilisée ici comme introduction.
Cette ouverture installe immédiatement une atmosphère différente. Après les groupes de metal qui ont occupé les scènes du Hellfest tout au long de la journée, cette introduction irlandaise prépare le public à une véritable fête populaire.
Photographiquement, je profite de ce moment pour observer la scène et la foule. La lumière est désormais largement nocturne et les éclairages artificiels prennent toute leur importance.
Puis arrivent les premières notes de The Boys Are Back.
Et là, tout change.
Le public chante, frappe dans ses mains et commence à danser. La prestation est immédiatement particulièrement festive et les Dropkick Murphys parviennent à créer une ambiance proche d'une immense fête irlandaise.
Depuis la fosse photographique, je dois donc regarder autant la scène que le public.
Les meilleurs clichés ne sont pas forcément ceux où je vois parfaitement le visage d'un musicien : ce sont parfois ceux où le groupe et la foule semblent ne former qu'un seul ensemble.
Le groupe poursuit avec Prisoner's Song, puis Sunday Hardcore Matinee.
Le rythme reste extrêmement soutenu.
Le mélange entre punk et musique traditionnelle donne au concert une identité immédiatement reconnaissable. Les instruments acoustiques prennent régulièrement leur place au milieu des guitares électriques, ce qui apporte également une grande richesse visuelle.
Pour moi, c'est l'occasion de rechercher des cadrages différents : portraits serrés, plans plus larges, instruments et compositions intégrant la foule.
Avec Johnny, I Hardly Knew Ya, le public devient véritablement un acteur du concert.
Les refrains sont repris collectivement et l'atmosphère continue de monter.
C'est précisément ce type de moment que j'aime documenter dans mes photographies de concert.
Un live ne se résume pas à ce qui se passe sur scène. Il existe une deuxième scène invisible : celle constituée par les spectateurs.
Le groupe enchaîne avec Walk Away, puis The Auld Triangle, reprise de Brendan Behan.
Ce choix illustre parfaitement l'équilibre entre le répertoire punk des Dropkick Murphys et leurs racines dans la musique traditionnelle irlandaise.
Le public du Hellfest, pourtant venu principalement pour le metal, adhère complètement.
C'est aussi l'une des forces du festival : permettre à des univers musicaux très différents de se côtoyer sans que l'énergie collective ne retombe.
À mesure que le concert avance, la foule devant la MainStage 2 devient de plus en plus compacte.
Les Dropkick Murphys ont cette capacité à transformer rapidement un concert en événement collectif.
Les photographes disposent alors d'une matière visuelle particulièrement riche : mains levées, chants, mouvements, instruments, sourires et interactions permanentes entre les membres du groupe.
Pour Landes Photographe, je cherche à conserver cette dimension dans mes images.
Je ne veux pas uniquement montrer Al Barr, Ken Casey ou les autres musiciens.
Je veux montrer l'ambiance Dropkick Murphys.
Le concert se poursuit avec Cruel, Out of Our Heads et Famous for Nothing.
La setlist traverse plusieurs albums et plusieurs périodes du groupe.
Out of Our Heads et Cruel figurent notamment parmi les titres issus de la période Signed and Sealed in Blood et Going Out in Style, tandis que Famous for Nothing vient de The Meanest of Times.
Cette diversité permet au groupe de proposer un véritable condensé de sa carrière.
Puis viennent Citizen C.I.A. et Sandlot.
Ce dernier titre est particulièrement intéressant puisqu'il appartient à la période de 11 Short Stories of Pain & Glory, album qui ne sortira qu'en 2017.
Le concert de 2016 permet donc déjà au public de découvrir ce morceau dans le cadre de la tournée anniversaire.
Pour le photographe, chaque nouveau titre représente une nouvelle possibilité de capter une expression, une interaction ou un mouvement différent.
Lorsque retentit You'll Never Walk Alone, l'atmosphère devient encore plus collective.
La chanson, composée par Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, est devenue un immense hymne populaire grâce à ses nombreuses reprises.
Les Dropkick Murphys l'intègrent ici à leur univers et le public du Hellfest reprend le morceau à son tour.
À ce moment précis, je ne photographie plus simplement un concert.
Le groupe poursuit avec The Warrior's Code, puis Rose Tattoo.
Rose Tattoo fonctionne particulièrement bien en live et le public chante avec le groupe.
Sur scène, les musiciens se déplacent constamment et échangent entre eux.
Je cherche alors les instants où plusieurs membres se retrouvent dans le même axe.
Ces photographies de groupe donnent souvent davantage l'impression d'être au cœur du concert que les portraits isolés.
Avec The State of Massachusetts, le public connaît immédiatement les premières notes.
Le morceau appartient à l'album The Meanest of Times et fait partie des titres incontournables de la formation.
Les refrains collectifs donnent une nouvelle fois une dimension spectaculaire à la prestation.
À ce stade du concert, la MainStage 2 ressemble véritablement à une gigantesque fête populaire.
Le groupe poursuit avec Going Out in Style.
L'énergie ne retombe jamais.
Le mélange de punk rock et de folk irlandais fonctionne parfaitement dans le contexte du Hellfest.
Le concert apporte une respiration bienvenue au milieu de la programmation metal de cette première journée tout en conservant une intensité scénique comparable aux groupes plus lourds.
Puis arrive le morceau que tout le monde attend : I'm Shipping Up to Boston.
Dès les premières secondes, la foule explose.
Ce titre est devenu l'un des grands hymnes des Dropkick Murphys et constitue une conclusion idéale pour leur passage au Hellfest.
Je profite de ce moment pour multiplier les cadrages larges.
Le groupe, la scène, les lumières et la foule forment une seule image.
C'est exactement ce que je recherche dans une photographie de festival : un cliché capable de faire ressentir l'ambiance plusieurs années après le déclenchement.
The Foggy Dew — chanson associée à Sinéad O'Connor
Cette setlist correspond aux archives du concert du 17 juin 2016 à Clisson.
Photographier les Dropkick Murphys au Hellfest est une expérience différente de celle d'un groupe de metal traditionnel.
La musique est plus festive, les instruments sont plus variés et le public participe énormément.
Cela modifie forcément mon approche photographique.
Je cherche davantage les interactions et les mouvements collectifs.
Les instruments acoustiques apportent aussi des détails visuels intéressants : accordéon, banjo, flûte, cordes et batterie viennent compléter les guitares et la basse.
Le contexte horaire joue également un rôle important.
Les Dropkick Murphys passent de 22h05 à 23h05, juste avant le grand rendez-vous de la soirée sur la MainStage 1 : Rammstein.
Le public est donc déjà particulièrement nombreux aux abords des MainStages.
Pour moi, cela renforce encore l'intérêt des plans larges.
La foule devient une composante essentielle de la photographie.
Ce que je retiens surtout de cette prestation, c'est son caractère profondément festif.
Pendant une heure, le public du Hellfest se transforme en immense assemblée de supporters, de danseurs et de chanteurs.
Le mélange entre punk rock, folk-rock, musique traditionnelle irlandaise et instruments acoustiques fonctionne parfaitement.
Les Dropkick Murphys réussissent leur mission : faire participer le public.
Et c'est probablement la meilleure définition d'un concert réussi.
En tant que Landes Photographe, j'aime particulièrement ce type de reportage parce qu'il me permet de sortir du simple portrait de musicien.
Je photographie les artistes, bien sûr.
Mais je photographie aussi la foule, les interactions, les instruments, les lumières et les détails qui permettent de restituer l'atmosphère.
Pour les Dropkick Murphys, cette approche prend tout son sens.
Le concert n'existe véritablement que lorsque le public chante avec le groupe.
Après le reportage, je retrouve mon flux de travail habituel sous Linux CachyOS.
J'importe mes photographies avec Rapid Photo Downloader, puis je réalise le tri et la gestion des images dans digiKam.
Le traitement final est effectué sous RapidRaw.
Je garde volontairement cette partie technique concise : pour moi, l'essentiel reste le reportage et la sélection des images capables de restituer l'énergie du concert.
À 23h05, le concert se termine.
Quelques instants plus tard, une partie du public va se tourner vers la MainStage 1 pour attendre Rammstein.
Mais pendant une heure, les Dropkick Murphys auront réussi à créer leur propre univers sur la MainStage 2.
Une ambiance de pub irlandais à ciel ouvert, des refrains repris par des milliers de personnes, des instruments traditionnels, du punk rock et une énergie communicative.
Pour Landes Photographe, cette couverture photographique reste donc avant tout le souvenir d'un concert où la frontière entre le groupe et le public semblait avoir disparu.
Les Dropkick Murphys n'ont pas simplement joué au Hellfest.
Ils ont fait chanter Clisson. ☘️📸