Le ciel est gris, la pluie s'invite sur le Hellfest et, à 19h40, la Mainstage 2 va accueillir une formation qui n'a jamais eu besoin de beaucoup de temps pour mettre un festival en mouvement : Hatebreed.
Dans le cadre de leur The Concrete Confessional World Tour, les Américains viennent défendre leur nouvel album, The Concrete Confessional, sorti le 13 mai 2016. Le groupe est alors en pleine tournée européenne et sa date du 17 juin à Clisson est officiellement annoncée par Hatebreed comme l'une des étapes de cette tournée.
Pour Landes Photographe, cette couverture photographique est l'occasion de saisir l'énergie brute d'un groupe dont le live repose autant sur la puissance des riffs que sur la relation directe entre Jamey Jasta et le public.
Et sous la pluie, cette énergie ne va absolument pas retomber.
Formé au Connecticut en 1994, Hatebreed s'est imposé comme l'un des groupes majeurs du hardcore metal américain. En 2016, la formation réunit Jamey Jasta au chant, Wayne Lozinak et Frank Novinec aux guitares, Chris Beattie à la basse et Matt Byrne à la batterie.
Le groupe arrive à Clisson avec un nouvel album encore tout récent. The Concrete Confessional vient tout juste de sortir et marque une nouvelle étape dans la carrière du groupe. Hatebreed l'avait présenté comme un disque portant notamment les frustrations et les tensions de son époque, avec une volonté de provoquer la réflexion et la discussion chez l'auditeur.
Mais au Hellfest, pas question de rester dans la réflexion : le passage à la scène transforme immédiatement ces morceaux en carburant pour le pit.
Destroy Everything ouvre le concert.
Le choix est particulièrement efficace. Le morceau, issu de Supremacy paru en 2006, est déjà un classique de Hatebreed et permet à Jamey Jasta de prendre immédiatement le contrôle de la scène. Un compte rendu de la journée décrit le chanteur lançant la foule dès son arrivée sur scène et les festivaliers reprenant les paroles dès les premières notes.
Pour le photographe, la situation est idéale : le groupe bouge, Jasta parcourt la scène, les guitaristes occupent l'espace et le public participe immédiatement.
La photographie de concert devient alors une affaire de timing. Il faut anticiper les déplacements, attendre le geste, saisir le regard et profiter des rares instants où les cinq musiciens composent ensemble une image forte.
La pluie est l'un des éléments marquants de cette prestation.
Plusieurs comptes rendus du Hellfest 2016 décrivent Hatebreed sous une pluie battante ou un temps maussade. Pourtant, cette météo ne ralentit ni le groupe ni le public.
Pour une couverture photographique, cette pluie ajoute même une dimension particulière aux images. Les vêtements humides, les cheveux, les reflets et la lumière grise donnent au reportage une atmosphère plus brute, parfaitement en accord avec le hardcore de Hatebreed.
Le contraste entre la puissance sonore du groupe et le ciel lourd au-dessus de Clisson participe pleinement à l'identité visuelle de cette série.
Après Destroy Everything, Hatebreed enchaîne avec Looking Down the Barrel of Today puis Something's Off, deux titres issus du nouvel album.
Le public découvre alors les morceaux de The Concrete Confessional dans leur environnement naturel : la scène et le pit.
Le set ne se limite cependant pas au nouvel album. C'est justement l'une des forces de cette prestation : le groupe pioche dans plusieurs périodes de sa discographie, permettant aux anciens titres de côtoyer les nouveautés. Un compte rendu du concert relève ainsi un set parcourant six albums différents, avec seulement quelques titres du nouvel opus.
Avec Live for This, extrait de The Rise of Brutality, Hatebreed replonge dans son répertoire classique.
Puis viennent As Diehard as They Come, Honor Never Dies et This Is Now.
La setlist traverse alors plusieurs époques : The Rise of Brutality, Hatebreed, The Divinity of Purpose et les autres albums historiques du groupe se retrouvent représentés aux côtés de The Concrete Confessional.
Cette construction donne au concert un rythme particulièrement efficace. Chaque morceau peut déclencher une nouvelle vague d'énergie dans le public.
Au centre de cette mécanique se trouve Jamey Jasta.
Le chanteur ne cesse de communiquer avec les festivaliers. Il parcourt la scène, sollicite la foule, encourage les réactions et maintient une tension permanente.
Un compte rendu du concert souligne précisément cette communication constante avec le public et la manière dont Jasta mène la prestation à pleine vitesse.
Pour Landes Photographe, ce type de frontman offre une matière photographique particulièrement riche. Les expressions changent en permanence, les gestes sont amples et les interactions avec les premiers rangs produisent de nombreuses possibilités d'images.
Le concert poursuit sa course avec Everyone Bleeds Now, puis In Ashes They Shall Reap.
Ce dernier fait partie des morceaux régulièrement cités parmi les grands classiques de Hatebreed et constitue l'un des titres particulièrement attendus de cette prestation.
La pluie continue, mais le pit ne faiblit pas.
À ce stade, la Mainstage 2 est devenue une gigantesque zone d'activité : devant la scène, les mouvements du public répondent à ceux des musiciens et créent un spectacle parallèle que le photographe doit également chercher à raconter.
Avec A.D., Hatebreed revient au cœur de The Concrete Confessional.
Le morceau fait partie de l'album sorti quelques semaines seulement avant le Hellfest. La sortie du disque avait été annoncée par Nuclear Blast, avec une production de Zeuss et un mixage confié à Josh Wilbur.
Sur scène, l'énergie du morceau s'intègre parfaitement au reste du set et montre que le nouveau répertoire peut déjà tenir sa place aux côtés des classiques.
La suite de la setlist ramène le public vers Never Let It Die, puis Perseverance.
Ce dernier titre donne évidemment son nom à l'un des albums emblématiques de Hatebreed et rappelle la dimension fondatrice du groupe dans la scène hardcore.
Le concert fonctionne alors comme une véritable traversée de la carrière de la formation, sans jamais perdre son identité : riffs massifs, batterie implacable, chant agressif et participation permanente du public.
Photographier Hatebreed au Hellfest, ce n'est pas seulement photographier cinq musiciens.
C'est aussi photographier le pit.
Les mouvements de foule, les bras levés, les pogos, les réactions des premiers rangs et les échanges entre scène et public font partie intégrante du spectacle. Dans un concert hardcore, le public devient presque un sixième membre du groupe.
C'est précisément ce que cherche à retranscrire une couverture de Landes Photographe : l'image doit pouvoir raconter non seulement qui était sur scène, mais aussi ce que ressentait la foule.
Hatebreed poursuit avec Empty Promises, To the Threshold et Hollow Ground.
Trois titres qui maintiennent la pression alors que le concert approche de sa dernière partie.
La setlist officielle et les archives du concert confirment les dix-neuf morceaux interprétés ce soir-là à Clisson.
La diversité du répertoire permet au groupe de conserver un rythme soutenu sans donner l'impression d'une simple succession de titres identiques. Chaque morceau apporte son propre moment de tension et de participation collective.
La fin du concert approche avec Tear It Down, puis Smash Your Enemies.
L'intensité ne baisse toujours pas.
À travers le viseur, les possibilités se succèdent : Jasta au bord de la scène, les guitaristes en mouvement, Matt Byrne derrière ses fûts et Chris Beattie solidement installé à la basse. Wayne Lozinak et Frank Novinec donnent à l'ensemble une présence scénique qui permet de multiplier les compositions.
Dans ces conditions, la photographie de concert demande surtout de rester constamment attentif. Une fraction de seconde peut transformer une image ordinaire en véritable photographie de live.
Last Breath arrive ensuite comme une nouvelle montée en puissance.
La météo et la fatigue d'une première journée de festival n'empêchent pas le public de continuer à répondre aux sollicitations de Jasta.
Le Hellfest est alors déjà dans une ambiance de grande soirée, et Hatebreed occupe parfaitement son rôle sur la Mainstage 2 : fournir un concentré de hardcore et de metal capable de maintenir la foule en mouvement.
Pour terminer, Hatebreed choisit I Will Be Heard.
Le titre, issu de Perseverance, est une conclusion particulièrement symbolique. Après dix-neuf morceaux, le groupe termine sur l'un de ses classiques et laisse une dernière fois le public prendre toute sa place.
Plusieurs comptes rendus de cette première journée soulignent l'efficacité du morceau pour clôturer la prestation, avec une nouvelle destruction du pit et une énergie collective typique d'un concert de Hatebreed.
La boucle est bouclée : de Destroy Everything à I Will Be Heard, Hatebreed aura traversé son histoire tout en présentant son nouvel album.
Le passage de Hatebreed au Hellfest 2016 constitue une étape de leur tournée européenne autour de The Concrete Confessional.
Le groupe avait joué la veille au Den Atelier de Luxembourg et devait se produire le lendemain à la Fête de la Musique de Genève, ce qui confirme l'enchaînement de cette tournée européenne.
À Clisson, le groupe s'inscrit parfaitement dans l'esprit du festival : un mélange de metal, de punk hardcore et d'une culture du live particulièrement physique.
Pour le photographe, cette prestation possède une identité visuelle très particulière.
Le ciel gris, la pluie, les lumières de scène et les mouvements incessants produisent une matière photographique différente d'un concert en salle.
La pluie devient même un élément graphique. Elle accentue les silhouettes, donne de la texture aux images et renforce le sentiment de puissance qui se dégage de la scène.
Chez Landes Photographe, l'objectif reste toujours le même : raconter le concert plutôt que simplement aligner des portraits d'artistes.
Ici, les photographies doivent montrer Hatebreed, mais aussi le Hellfest, Clisson, le public, la pluie et cette atmosphère particulière d'un vendredi soir de juin 2016.
Après le reportage, les photographies sont intégrées à mon flux de travail habituel sous Linux CachyOS.
L'importation est réalisée avec Rapid Photo Downloader, puis les images sont gérées et triées dans digiKam. Le développement des fichiers RAW est ensuite effectué sous Darktable.
Un flux volontairement simple, qui permet de rester concentré sur l'essentiel : sélectionner les images les plus fortes et restituer fidèlement l'énergie du live.
Ce 17 juin 2016 à 19h40, sous un ciel gris et une pluie persistante, Hatebreed aura parfaitement rempli son contrat.
Pendant environ une heure, Jamey Jasta, Wayne Lozinak, Frank Novinec, Chris Beattie et Matt Byrne ont transformé la Mainstage 2 en gigantesque terrain de jeu pour les amateurs de hardcore et de metal.
De Destroy Everything à I Will Be Heard, en passant par Looking Down the Barrel of Today, Live for This, In Ashes They Shall Reap, Perseverance ou A.D., le groupe a proposé une setlist couvrant une grande partie de sa carrière et intégrant les premières armes de The Concrete Confessional.
Une prestation à l'image de Hatebreed : directe, physique, sans concession et profondément tournée vers le public.
Pour Landes Photographe, cette couverture reste le témoignage photographique d'un grand moment de hardcore au Hellfest OpenAir 2016.