Vingt-cinq ans à parcourir les scènes du Grand Ouest avec un boîtier, plus de 1 000 musiciens photographiés dans des conditions parfois improbables, des salles de 300 places comme des festivals en plein air, de la lumière noire des concerts industriels aux spots blancs des grandes salles — et un jour, le téléphone sonne, ou la boîte mail s'active, et c'est la presse nationale qui vous contacte.
Ce sont ces deux moments-là , charnières dans mon parcours, que je veux raconter ici. À cette époque, c'est sous mon nom d'artiste, Nikolas Ernult, que j'officiais et signais mes clichés, une identité visuelle qui me différenciait alors dans les crash-barrières.
Maîtrisez l'exposition en photographie — Techniques, savoir-faire et astuces de pro Éditions Dunod · Paru le 19 février 2014 · 240 pages · ISBN 978-2100585267
Jérôme Geoffroy est l'un des auteurs de référence de la littérature technique photographique française — photographe, formateur, auteur prolifique spécialisé notamment dans les boîtiers Nikon. Son neuvième ouvrage, Maîtrisez l'exposition en photographie, paru chez Dunod en février 2014, aborde de façon à la fois didactique et pratique tout ce qu'il faut maîtriser autour de l'exposition : le trio diaphragme-vitesse-sensibilité, la mesure de la lumière, l'histogramme, le format RAW, jusqu'au post-traitement.
Ce qui distingue l'ouvrage des livres techniques habituels, c'est sa structure en "cartes blanches" — des témoignages de photographes professionnels issus de disciplines variées, invités à parler de leur pratique de l'exposition dans leur domaine de spécialité. C'est dans ce cadre que Jérôme Geoffroy m'a contacté pour contribuer à la section dédiée à la photographie de concert.
Dans cette carte blanche, j'y parle de ma méthode de travail — le travail essentiellement en mode manuel, la préférence pour la mesure spot dans les conditions de lumière délicates de la scène, la façon de gérer les contrastes extrêmes entre les zones éclairées et les fonds sombres. J'y raconte aussi les difficultés rencontrées lors des prises de vue en conditions difficiles — notamment lors du concert du groupe Skip The Use en festival — et la façon dont j'ai appris à me positionner différemment des autres photographes pour obtenir des images singulières.
L'interview est illustrée par un de mes clichés de l'époque — Mat Bastard, chanteur de Skip The Use, f/3.2 · 1600 ISO · 1/320s — une silhouette saisie en contre-plongée sous un spot intense, image qui résume à elle seule ce que j'essaie de faire sur scène depuis vingt-cinq ans : pas simplement documenter un concert, mais raconter une présence, une énergie, un moment unique.
💬 "Il ne faut jamais cesser d'apprendre, d'analyser ses erreurs, d'essayer de comprendre pourquoi, avec la mesure spot, je n'obtiens pas ce résultat."
L'ouvrage est toujours disponible en librairie et sur les plateformes habituelles.
Numéro 363 · Mai 2014 · Dossier "Photographier la scène dans tous ses états" 8 pages · Avec Nikolas Ernult et Didier Taberlet
Quelques semaines après la parution du livre Dunod, un autre contact inattendu arrive : la rédaction de Chasseur d'Images — référence absolue de la presse photo française depuis 1976 — qui me contacte pour participer au dossier du mois du numéro 363, paru en mai 2014.
Le dossier s'intitule « Photographier la scène dans tous ses états » — un titre qui dit l'ambition de l'exercice : montrer que la photographie de scène couvre un territoire immense, du concert de musique classique au show punk en passant par le théâtre, et que les approches peuvent être radicalement différentes d'un photographe à l'autre.
Le rédacteur en chef avait fait un choix éditorial fort : opposer deux visions, deux techniques, deux esthétiques.
Huit pages dans l'un des magazines photo les plus lus de France. Mes images illustraient la section "La scène en couleur", accompagnées d'un entretien dans lequel je parlais de ma démarche : pourquoi la couleur, comment je gère la haute sensibilité, comment je me positionne physiquement dans la fosse ou en salle, ce que je cherche à capturer au-delà du simple portrait de musicien.
Être publié dans Chasseur d'Images, ce n'est pas une validation — vingt-cinq ans de terrain se passent de validation extérieure. C'est plutôt une reconnaissance que la démarche que j'ai construite seul, de façon indépendante, dans les Landes, sur les scènes du Grand Ouest, correspond à quelque chose qui intéresse et qui parle au-delà du territoire.
Ces deux parutions en 2014 — le livre Dunod en février, le magazine en mai — sont arrivées au même moment, sans concertation, comme si ces vingt premières années de pratique intensive avaient fini par produire une forme de légitimité visible de l'extérieur. Une coïncidence heureuse.
Ces parutions s'inscrivent dans un parcours photographique de vingt-cinq ans — commencé au tournant du millénaire sur les scènes de la côte landaise et de la Gironde, étendu progressivement à l'ensemble du Grand Ouest et au-delà . Des centaines de concerts couverts dans toutes les configurations : fosses officielles accréditées, festivals en plein air, salles de 200 places, grands halls, premières parties et têtes d'affiche mondiales.
Plus de 1 000 musiciens photographiés au fil de ces années — des inconnus devenus célèbres, des légendes croisées une seule fois, des artistes locaux qui méritaient d'être documentés au même titre que les vedettes. Une collection d'instants qui constitue, pris ensemble, un document sur la vie musicale du Sud-Ouest sur un quart de siècle.
📥 La scène du Grand Ouest à travers l'objectif — Portfolio historique