À 19h30, le dimanche 19 juin 2016, je prends la direction de la Valley pour photographier Rival Sons. Après trois journées particulièrement intenses, le groupe californien apporte au Hellfest une dose de rock'n'roll, blues rock et hard rock vintage qui tranche avec une partie de la programmation metal des autres scènes.
La Valley est particulièrement bien remplie. Rival Sons vient alors de publier Hollow Bones, son cinquième album studio, sorti le 10 juin 2016 chez Earache Records. Le concert s'inscrit dans le Hollow Bones Tour, alors que le groupe vient également d'accompagner Black Sabbath sur sa tournée d'adieu.
Pour moi, en tant que Landes Photographe, c'est une couverture particulièrement intéressante : la scène Valley permet de travailler les expressions, les attitudes et les échanges entre les quatre musiciens.
Avec Jay Buchanan au chant, Scott Holiday à la guitare, Dave Beste à la basse et Michael Miley à la batterie, Rival Sons défend en 2016 une vision du rock nourrie par les grandes formations des années 1970.
Les influences de Led Zeppelin, du blues et du hard rock classique sont perceptibles, sans que le groupe se contente de reproduire le passé. La voix de Jay Buchanan et le jeu de guitare de Scott Holiday donnent au groupe une identité très forte.
Hollow Bones prolonge cette identité. L'album a été enregistré avec le producteur Dave Cobb et paraît quelques jours seulement avant le Hellfest.
Le concert commence avec Electric Man.
Dès les premières secondes, la Valley se retrouve plongée dans un rock puissant, bluesy et organique.
Je suis immédiatement attiré par la présence de Jay Buchanan. Le chanteur occupe la scène avec une gestuelle très expressive, tandis que Scott Holiday apporte une seconde présence visuelle particulièrement forte.
Derrière eux, Michael Miley et Dave Beste donnent au groupe une assise rythmique solide.
Avec Secret, le groove s'installe.
La guitare de Scott Holiday alterne riffs puissants et passages plus subtils, tandis que Michael Miley assure une batterie particulièrement dynamique.
Je cherche alors à travailler les interactions entre les quatre musiciens plutôt que de les photographier uniquement séparément.
Pressure and Time ramène le groupe vers son répertoire précédent.
La basse et la batterie forment une base compacte autour de laquelle Buchanan et Holiday peuvent évoluer librement. La photographie devient une affaire de timing : un mouvement de guitare, une expression, un geste peuvent transformer une image en quelques secondes.
Le moment particulièrement attendu arrive avec Hollow Bones Pt. 1.
Le morceau donne son nom au nouvel album et constitue l'un des titres essentiels de la nouvelle période du groupe. Le disque vient tout juste de sortir lorsque Rival Sons monte sur la Valley.
Je photographie donc un groupe en pleine présentation de son nouveau répertoire, mais déjà parfaitement à l'aise sur scène.
Avec Baby Boy, le groupe poursuit dans l'univers de Hollow Bones.
La voix de Jay Buchanan prend toute sa dimension et Scott Holiday lui répond à la guitare. Pour moi, c'est un moment particulièrement photogénique : expressions, mouvements et jeux de lumière permettent de multiplier les cadrages.
Avec Where I've Been, l'ambiance évolue.
Rival Sons montre une facette plus mélodique et introspective.
Pour moi, ces contrastes sont précieux : une série photographique doit raconter plusieurs dimensions du concert.
Le groupe revient ensuite à une énergie plus directe avec Torture, puis Fade Out.
La Valley est désormais complètement plongée dans l'univers de Rival Sons. Le public répond à cette combinaison de blues, de hard rock et de rock'n'roll.
Fade Out, issu de Hollow Bones, rappelle que le groupe est alors véritablement en pleine promotion de son nouvel album.
Puis vient Open My Eyes, morceau de Great Western Valkyrie.
Le public connaît suffisamment le groupe pour reprendre certains passages. Je cherche alors à intégrer les spectateurs dans mes cadrages, notamment lorsque Jay Buchanan se tourne vers eux.
Le concert se termine avec Keep On Swinging.
Le morceau, issu de Head Down, constitue une conclusion idéale. Scott Holiday livre une prestation particulièrement intense et le groupe termine sur une énergie qui résume parfaitement son identité.
Cette setlist correspond à la prestation de Rival Sons au Hellfest 2016, programmée le dimanche 19 juin à 19h30 sur la Valley.
L'une des choses qui me marque le plus pendant ce reportage est la fréquentation de la Valley. Le public est venu écouter un groupe qui, malgré son orientation rock, trouve parfaitement sa place au milieu du Hellfest.
Pour moi, photographier Rival Sons revient à photographier une certaine idée du rock'n'roll.
Je cherche les gestes, les postures, les attitudes et les regards qui rappellent l'esthétique des grandes formations des années 1970, sans fabriquer artificiellement cette esthétique : elle est déjà présente dans la musique et dans la manière dont les quatre musiciens occupent la scène.
Jay Buchanan est évidemment l'un des éléments les plus photogéniques du groupe. Sa manière de vivre les morceaux attire immédiatement mon objectif.
À ses côtés, Scott Holiday possède une présence immédiatement reconnaissable. Je recherche particulièrement les moments où les deux hommes se retrouvent dans le même cadre.
Derrière eux, Dave Beste et Michael Miley forment la colonne vertébrale du groupe. Je cherche également à les intégrer dans des compositions plus larges.
Le choix de la Valley pour Rival Sons est particulièrement cohérent. Cette scène accueille les formations de rock, blues rock, stoner et hard rock qui peuvent apporter une autre couleur à la programmation.
Rival Sons y trouve un environnement parfaitement adapté et un public particulièrement réceptif.
Hollow Bones sort le 10 juin 2016, soit seulement neuf jours avant le concert de Clisson. Rival Sons est donc en pleine promotion de son nouvel album lorsqu'ils arrivent au Hellfest.
Le disque est publié par Earache Records et produit par Dave Cobb. Il poursuit le travail engagé avec Great Western Valkyrie tout en conservant les racines blues rock et hard rock du groupe.
Le passage au Hellfest intervient dans une période particulièrement intense pour Rival Sons. Le groupe vient notamment de participer à la tournée européenne d'adieu de Black Sabbath et enchaîne les festivals durant l'été 2016.
Cette expérience donne aux musiciens une grande assurance sur scène. Je retrouve cette assurance dans mes images : rien ne semble hésitant.
En tant que Landes Photographe, j'apprécie particulièrement les concerts comme celui-ci parce qu'ils permettent de travailler autant le portrait que l'ambiance.
Je ne cherche pas simplement à produire une série de photos « de Rival Sons ». Je cherche à raconter Rival Sons au Hellfest : la Valley, le public, la lumière, les instruments, les attitudes et l'énergie du groupe.
Après le reportage, je retrouve mon flux de travail habituel sous Linux CachyOS.
J'importe mes photographies avec Rapid Photo Downloader, puis je réalise le tri et la gestion des images dans digiKam.
Le traitement final est effectué sous RapidRaw.
Je garde volontairement cette partie technique concise : l'essentiel reste pour moi la sélection des images et la restitution de l'atmosphère du concert.
À 20h25, le concert se termine. Une heure vient de passer pendant laquelle Rival Sons a démontré qu'un rock fortement inspiré des années 1970 pouvait parfaitement trouver sa place au milieu de la programmation du Hellfest.
Pour moi, cette couverture photographique reste celle d'un groupe extrêmement présent sur scène, porté par un chanteur impressionnant et un guitariste immédiatement identifiable.
Jay Buchanan, Scott Holiday, Dave Beste et Michael Miley ont transformé la Valley en véritable scène de rock'n'roll.
Et derrière mon appareil, j'ai surtout cherché à conserver cette sensation : celle d'avoir assisté à un concert où le passé du rock rencontrait pleinement son présent.
Rival Sons au Hellfest 2016 : dix morceaux, une Valley pleine et une sacrée dose de rock'n'roll. 🎸🔥