🎹 Tha Trickaz aux Vibrations Urbaines 2015 : Grand Messe Bass Music à Bellegrave

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Le dimanche 25 octobre 2015, à précisément 00h00, la Salle Bellegrave de Pessac a basculé dans une autre dimension. Minuit pile — l'heure exacte à laquelle le duo parisien Tha Trickaz entrait en scène pour clore la 18e édition du Festival des Vibrations Urbaines, le fameux VU#18. Une heure symbolique pour un show qui promettait de l'être tout autant.

En tant que photographe officiel des Vibrations Urbaines 2015, j'avais couvert l'ensemble de cette édition du festival des cultures urbaines de Pessac — battles, expositions, scènes extérieures — avant de me retrouver en bout de nuit au plus près des crash-barrières pour immortaliser ce qui allait être l'un des moments forts de ma saison : la Tricknology de Pho et Dj iRaize déchaînée sur un public pessacais en transe.


🎛️ Tha Trickaz : Acteurs Pionniers de la Bass Music Française

Avant de parler du concert, il faut parler de qui étaient ces deux hommes masqués derrière leurs machines. Tha Trickaz est un duo français de musique électronique, originaire du 18e arrondissement de Paris, composé de Pho et iRaize. Également producteurs de rap, leur versatilité leur a permis de produire pour des pointures du style, aux USA et en Europe. Acteurs de la Bass music en France depuis plus de 15 ans, leurs influences Trap, électroniques, mêlant orchestres et bandes son cinématiques les amènent à collaborer avec des artistes aussi variés que Apashe, Cassius ou Wax Tailor.

Le groupe est composé de Pho, membre de Dirtyphonics, et Dj iRaize, issu du groupe Tha New Team — deux DJs masqués, mêlant orchestres épiques et bandes son cinématiques. D'origine vietnamienne, ils sont deux producteurs de musique électronique à tendance bass music, plutôt influencés par le rap, la musique asiatique, les mangas et les symphonies épiques.

En octobre 2015, Tha Trickaz était en pleine période de productivité — leur concept Tricknology se déployait sur scène dans un live qui, loin du DJ set passif, ressemblait davantage à un véritable concert : leurs performances live illustrent la magie de leur imagination combinée — samples vinyle rare et traditionnel, sampling, scratching, instruments analogiques, musiciens live et MPC en jeu de batterie en temps réel, le tout combiné à des beats ravageurs pour faire trembler le dancefloor.

Signés notamment sur X-Ray Production, le duo avait à son actif plusieurs sorties en 2015 — LEGEND sorti en juillet sur leur propre label Otodayo Records, et une collaboration avec Creaky Jackals en novembre — prouvant une créativité en rythme de croisière. Sur scène à Bellegrave, c'est cet élan qu'on allait retrouver.


🌃 00h00 : La Salle Bellegrave en État de Transe

Minuit. Les lumières de la salle tombent d'un coup. Dans le noir, les premières nappes sonores de Tha Trickaz commencent à monter — lentes, graves, menaçantes. Le public, déjà debout depuis des heures, retient son souffle. Puis l'explosion.

Pho et Dj iRaize — leurs silhouettes masquées reconnaissables entre toutes — se déploient derrière leurs machines avec une efficacité redoutable. Ce qui caractérise un show de Tha Trickaz, c'est précisément ce refus de l'immobilité passive : pads, synthés et platines sont joués comme de véritables instruments. Chaque déclenchement, chaque sample, chaque scratch est une décision en temps réel, pas une séquence préenregistrée qu'on laisse tourner.

L'hymne Here I Come a déclenché une réaction de fosse instantanée — ces premières notes que le public reconnaît avant même que le drop n'arrive, et cette fraction de seconde de suspension collective avant l'impact. Le dancefloor de Bellegrave n'en faisait plus qu'un seul organisme. Le concept Tricknology — ce mélange de hip-hop old school, de dubstep pesant, de trap futuriste et de bandes son cinématiques — prenait en live une puissance que le studio ne peut que partiellement restituer.

Pour moi qui photographiais depuis le bord de scène, la performance de Pho et Dj iRaize constituait un défi visuel permanent. Les fumées denses, les stroboscopes frénétiques, les jeux de lumières entre le rouge, le bleu et le blanc — et derrière leurs machines, ces deux silhouettes masquées dont il fallait saisir les gestes précis, les moments d'énergie pure, les regards échangés. Pas de frontman qui se promène sur scène, pas de chanteur dont on attend le saut ou le regard — ici, l'image se construit différemment : dans la relation entre les deux performers, dans leurs gestes sur les machines, dans la réaction du public qu'on voit en arrière-plan.


📸 Le Sony ILCA-77 Mark II : La Puissance SLT au Service du Concert Nocturne

Pour couvrir les Vibrations Urbaines 2015 dans leur intégralité, j'avais choisi le Sony Alpha 77 II (ILCA-77M2) — boîtier SLT (Single Lens Translucent) annoncé en mai 2014, qui représentait à l'époque le sommet de la gamme reflex APS-C de Sony.

Ses caractéristiques en faisaient un outil taillé pour exactement ce type de situation : capteur CMOS Exmor APS-C de 24,3 mégapixels, système de mise au point automatique avancé à 79 points, viseur Tru-Finder OLED XGA. Doté d'un module à 79 collimateurs dont 15 en croix et un central F2.8, Sony a optimisé la technologie de détection de phase de l'A77 II — une innovation qui le distinguait clairement de son prédécesseur l'Alpha 77 avec ses 19 collimateurs, ou des appareils concurrents comme le EOS 70D de Canon ou le D7100 de Nikon. En mode rafale, Sony est parvenu à 12 images/s sur une soixantaine de clichés JPEG.

La technologie SLT — miroir translucide fixe qui permet l'autofocus en phase continue même en rafale, sans le claquement du miroir — livrait une réactivité remarquable dans les conditions nocturnes de Bellegrave. À minuit, sous des stroboscopes frénétiques, avec deux performers en mouvement constant derrière leurs machines, cette réactivité AF n'était pas un luxe.

Son viseur OLED offrait une vision en temps réel fidèle à l'exposition réelle, ce qui permettait d'anticiper l'image avant de déclencher — précieux quand on n'a pas le droit de rater le bon moment. La sensibilité ISO étendue jusqu'à 25 600 donnait enfin la latitude nécessaire pour travailler à des vitesses d'obturation permettant de figer les mouvements, même dans la pénombre relative d'une salle de concert en fin de nuit.


💡 Le Workflow : BibblePro 5 sous Ubuntu Linux Studio

Ce reportage d'octobre 2015 a été développé sous BibblePro 5 sous Ubuntu Linux Studio — une distribution Linux orientée audio et multimédia, construite sur Ubuntu, qui offrait un environnement stable et optimisé pour la production créative. Un choix cohérent avec ma démarche d'indépendance numérique, bien avant la migration vers Darktable et Linux Cachy OS (Arch).

Sur les fichiers RAW du Sony ILCA-77M2 pris à haute sensibilité dans les conditions contrastées d'un show de bass music nocturne, BibblePro 5 permettait un dématriçage précis et une gestion du bruit via Noise Ninja intégré. Le travail de développement portait sur les contrastes extrêmes de la scène — les hautes lumières stroboscopiques qui brûlent tout sur leur passage, les zones de noir absolu entre les machines, la fumée qui diffuse la lumière et crée des halos — et sur la restitution des couleurs de scène dans toute leur saturation assumée : le rouge, le bleu électrique, le blanc cru des spots frontaux.

Pas de neutralisation des teintes de scène pour "corriger" ce que le directeur lumière avait voulu. Ces couleurs font partie du show — et le traitement doit les honorer, pas les effacer.


🏙️ Photographe Officiel VU#18 : Une Mission, Une Nuit

Couvrir les Vibrations Urbaines 2015 en tant que photographe officiel, c'était s'engager sur une durée — pas seulement ce concert de clôture, mais l'ensemble du festival, ses battles, ses expositions, ses scènes extérieures, ses coulisses. Tha Trickaz à minuit en était le point final, le coup de grâce d'une édition dense.

Il y a quelque chose de particulier à photographier en bout de nuit, quand la fatigue s'est installée mais que l'adrénaline du show vient la contrecarrer. Les réflexes sont là — vingt-cinq ans de concerts forgent des automatismes qui ne s'effacent pas à minuit — mais le regard est peut-être plus économe, plus instinctif. On va à l'essentiel. Et dans un concert de bass music, l'essentiel c'est l'énergie, le geste, et la communion entre la scène et le public.

Ce soir-là, la Salle Bellegrave en avait jusqu'à la limite.

Retrouvez l'ensemble des artistes couverts au fil de mes années de photographe indépendant : La scène du Grand Ouest à travers l'objectif — Portfolio historique


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