Le 17 juin 2011 à 18h18, je suis à Clisson, en Loire-Atlantique, au cœur du Hellfest OpenAir Festival 2011, pour assurer la couverture photographique de The Exploited.
À cette heure-là, le festival bat déjà son plein et l'ambiance est parfaitement installée. Mais avec The Exploited, je sais que la photographie va rapidement changer de rythme.
Le groupe écossais, formé à Édimbourg à la fin des années 1970, est l'une des formations historiques du punk rock britannique. Son style s'est construit autour du punk, du street punk, du hardcore punk, de la Oi! et, au fil des années, d'influences plus proches du crossover thrash.
Pour un photographe de concert, c'est exactement le genre de prestation qui oblige à être constamment en mouvement.
Lorsque Wattie Buchan entre en scène, je sais immédiatement que je vais devoir rester concentré.
Pas question ici d'attendre tranquillement une pose idéale.
Le live de The Exploited repose sur l'énergie, la vitesse et le contact avec le public. Wattie est au centre de cette mécanique, avec une présence scénique qui donne immédiatement une dimension particulière aux images.
Je cherche donc les moments où tout s'aligne : le mouvement du corps, le geste du micro, une expression, une lumière de scène et, lorsque cela est possible, la réaction du public.
C'est cette combinaison qui transforme une simple photographie de concert en véritable image live.
Photographier Wattie Buchan au Hellfest est évidemment un moment particulier.
Depuis les débuts de The Exploited, il reste la figure centrale du groupe et son chanteur. En 2011, après plus de trente ans d'histoire, il conserve cette présence directe et agressive qui correspond parfaitement à l'identité musicale du groupe. Les comptes rendus du Hellfest 2011 soulignent d'ailleurs l'énergie et la puissance de sa prestation ce jour-là.
Pour moi, c'est un sujet photographique particulièrement fort.
Le visage, les expressions, les gestes et la manière dont il occupe la scène donnent énormément de possibilités.
Je dois simplement être prêt au bon moment.
Derrière Wattie, je retrouve les autres membres de la formation présente à cette période : Wullie Buchan à la batterie, Matt Justice à la guitare et Irish Rob à la basse. Cette composition correspond au line-up associé à The Exploited autour de 2011.
Pour la photographie, cela permet de travailler sur plusieurs niveaux.
Je peux isoler Wattie et son incroyable présence scénique, mais je cherche également à photographier les interactions entre les musiciens, les instruments et les mouvements.
La batterie de Wullie, la guitare de Matt Justice et la basse d'Irish Rob apportent chacun leur propre dynamique à l'image.
Le défi est alors de ne pas faire uniquement une série de portraits, mais de construire un reportage photographique complet du concert.
Le Hellfest OpenAir Festival 2011 se déroule du 17 au 19 juin à Clisson. L'édition rassemble une programmation particulièrement dense, avec des groupes issus du metal, du rock, du punk et des musiques extrêmes.
Pour moi, photographier The Exploited dans ce contexte ajoute une dimension supplémentaire au reportage.
Je ne suis pas simplement dans une salle de concert.
Je suis au milieu d'un immense festival, avec plusieurs scènes, des milliers de personnes, des changements permanents d'ambiance et une programmation qui oblige constamment à passer d'un univers musical à un autre.
Mais lorsque The Exploited commence, l'atmosphère devient immédiatement beaucoup plus brute.
Le punk rock est particulièrement intéressant à photographier parce qu'il laisse très peu de place à l'immobilité.
Les mouvements sont rapides.
Les gestes sont francs.
Le public participe directement à l'énergie du concert.
Dans ces conditions, je cherche moins la perfection technique absolue que le bon instant.
Une image légèrement mouvementée peut parfois être beaucoup plus expressive qu'un cliché parfaitement figé.
C'est particulièrement vrai avec The Exploited.
Le street punk, le hardcore punk, la Oi! et les influences crossover thrash du groupe créent un univers visuel agressif, direct et sans concession.
Mon rôle est de traduire cette énergie avec mon appareil.
Le concert de The Exploited au Hellfest 2011 s'appuie sur plusieurs classiques du groupe, avec notamment Let's Start a War, Fightback, UK 82, Chaos Is My Life, Dead Cities, Noize Annoys, Troops of Tomorrow, Never Sell Out, I Believe in Anarchy, Holiday in the Sun, Cop Cars, Beat the Bastards, Fuck The USA, Punk's Not Dead et Sex and Violence.
Pour un photographe, ce type de répertoire est évidemment synonyme d'une forte interaction avec le public.
Les morceaux s'enchaînent avec une efficacité redoutable et les réactions dans la fosse deviennent elles-mêmes un sujet photographique.
Je cherche donc autant à photographier le groupe que ce qui se passe devant la scène.
Un concert de punk ne s'arrête pas aux musiciens.
Il se prolonge dans le public.
Au Hellfest, le public est un acteur à part entière.
Les mouvements de foule, les bras levés, les réactions et l'énergie de la fosse permettent de donner une véritable profondeur aux photographies.
Je cherche donc à alterner les plans.
Un portrait serré de Wattie.
Une image plus large de la scène.
Un musicien dans la lumière.
Une silhouette découpée devant les projecteurs.
Puis un plan montrant le public.
Cette alternance permet de raconter le concert plutôt que de simplement accumuler des photographies de musiciens.
Photographier dans un festival comme le Hellfest OpenAir Festival impose de composer avec des conditions très différentes d'une salle traditionnelle.
La lumière peut être extrêmement contrastée.
Les scènes sont imposantes.
Les déplacements sont permanents.
Et il faut parfois travailler très vite pour profiter d'un instant avant qu'il ne disparaisse.
Avec The Exploited, cette contrainte devient presque une partie du sujet.
Le mouvement, les contrastes et les expressions participent directement à l'esthétique du reportage.
Je cherche donc à conserver cette sensation de spontanéité plutôt qu'à lisser les images.
Le Hellfest 2011 occupe une place particulière dans l'histoire du festival. Cette sixième édition se déroule encore sur le site du Val de Moine à Clisson, avant l'évolution du site les années suivantes. Les archives et comptes rendus de l'époque confirment la présence de The Exploited dans la programmation du vendredi 17 juin.
Pour moi, les photographies réalisées ce jour-là deviennent donc aussi une archive visuelle du festival.
Chaque image conserve quelque chose de l'ambiance de cette édition : les scènes, les lumières, les artistes et surtout cette incroyable concentration de styles musicaux.
Même lorsque je travaille à Clisson, en Loire-Atlantique, mon approche reste celle de Landes Photographe.
Je viens chercher l'instant.
Je veux raconter ce que j'ai devant moi sans chercher à fabriquer artificiellement la scène.
La photographie de concert repose beaucoup sur l'anticipation.
Je regarde les mouvements, j'attends la lumière et je déclenche lorsque plusieurs éléments se rencontrent.
Avec The Exploited, il faut surtout accepter de suivre le rythme.
Et le rythme est rapide.
Après le festival, je garde une chaîne de travail volontairement simple.
J'importe mes photographies avec RapidPhoto Downloader, puis je les gère et les trie avant de passer au traitement avec Rawmakase.
L'ensemble de mon flux de travail est réalisé sous Linux Omarchy.
Je reste volontairement léger sur cette étape : l'essentiel est de sélectionner les images les plus fortes et de conserver un rendu cohérent avec l'atmosphère très brute du concert.
Cette prestation de The Exploited au Hellfest OpenAir Festival 2011 reste pour moi un excellent exemple de ce que j'aime dans la photographie de concert.
Un groupe historique.
Une musique directe.
Un public extrêmement réactif.
Une scène imposante.
Et surtout une quantité incroyable d'énergie à saisir en quelques secondes.
À 18h18, le 17 juin 2011, à Clisson, j'étais donc là avec mon appareil pour essayer d'en conserver quelques fragments.
Des images de Wattie Buchan, Wullie Buchan, Matt Justice et Irish Rob.
Des images d'un moment précis de l'histoire du Hellfest.
C'est finalement cela que je recherche dans mes archives de Landes Photographe : transformer quelques secondes de musique live en souvenirs photographiques capables de traverser les années.