🎸 Volbeat au Hellfest 2013 : La Fusion Rockabilly et Heavy Metal embrase Clisson

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Le dimanche 23 juin 2013, à précisément 23h13, le rideau s'apprêtait à tomber sur la Mainstage du Hellfest OpenAir Festival 2013. Pour clôturer en beauté ces trois jours de fête extrême à Clisson, une formation très attendue s'est emparée des planches : Volbeat. En pleine tournée mondiale pour leur album Outlaw Gentlemen & Shady Ladies, sous la bannière de Vertigo Records, le groupe danois a délivré un show d'une générosité folle — un dernier coup d'éclat pour fermer en beauté une édition du Hellfest qui avait déjà vu Gojira en début de soirée sur cette même scène.

Deux concerts sur la Mainstage le même dimanche, séparés de quelques heures — la furie landaise de l'Enfant Sauvage Tour à 18h40, et maintenant le rock'n'roll sous stéroïdes des Danois bien après la tombée de la nuit. Le Hellfest 2013 avait du caractère.


🎸 Volbeat : L'Elvis Metal Danois Conquiert le Monde

Avant de parler du concert, il faut parler du groupe et de l'homme qui le tient. Volbeat est formé à Copenhague en 2001 par Michael Poulsen — né le 1er avril 1975 à Ringsted, à environ 63 kilomètres de Copenhague. Ses parents sont de grands fans d'Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash et Chuck Berry. Adolescent, il découvre le heavy metal avec Metallica, Iron Maiden, Deep Purple et Black Sabbath. Cette double filiation — rock'n'roll des années 50 et metal des années 80 — est l'ADN de Volbeat, résumé dans une formule que certains ont appelé "Elvis Metal" : les thèmes et les mélodies des crooneurs de Graceland, la puissance et la distorsion du metal moderne.

Avant Volbeat, Poulsen avait fondé le groupe de death metal Dominus, dont il se lasse au tournant des années 2000. Il forme alors Volbeat avec d'anciens membres de Dominus. En 2013, le groupe franchit un nouveau cap avec l'arrivée du guitariste Rob Caggiano — ex-Anthrax — et la sortie d'Outlaw Gentlemen & Shady Ladies, numéro 1 au Danemark, leur cinquième album studio publié exclusivement chez Vertigo/Universal.


🌃 23h13 : La Nuit de Clisson Appartient aux Outlaws

À 23h13, la Mainstage du Hellfest accueille la nuit noire, les fumigènes et les premières notes de Let's Shake Some Dust. L'intro claque comme un défi lancé à la fatigue d'un public qui a encaissé trois jours de festival — et la foule répond immédiatement, électrisée.

Ce qui frappe dès les premières secondes, c'est le paradoxe Volbeat en live : un son massif, des riffs lourds, une batterie qui frappe comme une masse — mais des mélodies accrochant l'oreille avec l'évidence d'un tube radiophonique. On ne résiste pas. On ne cherche pas à résister. Michael Poulsen mène la charge avec une autorité naturelle, sa voix oscillant entre le growl contenu et les inflexions crooner qui rappellent ses influences d'enfance — Cash, Presley, l'Amérique mythique des années 50 fantasmée depuis le Danemark.

Rob Caggiano, tout juste arrivé dans la formation à l'époque, faisait déjà parler la poudre avec des solos d'une précision chirurgicale. Son intégration au groupe ne sonnait pas comme celle d'un nouveau membre encore en rodage — il jouait comme s'il avait toujours été là, complétant le dispositif avec une aisance et une technique qui forçaient le respect. Anders Kjølholm à la basse et Jon Larsen derrière les fûts imprimaient un tempo lourd et groovy, véritable rouleau compresseur rythmique sur lequel tout le reste venait se poser.


💥 Les Moments Qui Ont Fait Trembler Clisson

Evelyn avec Barney Greenway — le chanteur de Napalm Death débarquant sur scène pour un titre déjà puissant a déclenché une réaction de fosse en chaîne. Deux univers musicaux qui n'ont a priori rien à faire ensemble, et qui se réunissent le temps d'un refrain en créant quelque chose d'électrique et d'inattendu.

Sad Man's Tongue — avec ses extraits de Ring of Fire de Johnny Cash et de We Will Rock You de Queen glissés dans les arrangements — était l'illustration parfaite de ce que Volbeat fait de mieux : prendre des références qui ont l'air incompatibles et les faire sonner comme si elles avaient toujours appartenu ensemble. Un numéro de prestidigitateur musicale réalisé devant des dizaines de milliers de personnes, à la nuit tombée, sur la plus grande scène de Loire-Atlantique.

Le passage survolté de Dead but Rising, précédé d'un jam Breaking the Law / Raining Blood — Judas Priest et Slayer convoqués en introduction — déclenchait un mur du son et un début de circle pit qui disaient tout de l'emprise du groupe sur son public.


🎼 La Setlist : Dix-Neuf Titres, Zéro Temps Mort

Le groupe a déroulé un set-fleuve d'une générosité rare pour une tête d'affiche de festival, enchaînant tubes radiophoniques et brûlots les plus lourds sans pause superflue :

Intro Let's Shake Some Dust

Programme principal Hallelujah Goat · A New Day · Guitar Gangsters & Cadillac Blood · The Nameless One · Evelyn (avec Barney Greenway) · Sad Man's Tongue (incl. extraits de Ring of Fire et We Will Rock You) · Lola Montez · Fallen · 16 Dollars · Mary Ann's Place · Dead but Rising (précédé d'un jam Breaking the Law / Raining Blood) · Maybellene I Hofteholder · A Warrior's Call · The Hangman's Body Count · Still Counting

Rappel Doc Holliday · The Mirror and the Ripper · Pool of Booze, Booze, Booza

Dix-neuf titres, une heure et demie de musique — un cadeau fait à un public de festival qui avait tout donné depuis trois jours et méritait une conclusion à la hauteur.


📸 Photographier à 23h13 : La Nuit, Les Lumières, Le Chaos

Couvrir Volbeat en clôture du Hellfest 2013 après avoir déjà photographié Gojira en début de soirée, c'est gérer deux contextes photographiques radicalement différents dans la même journée — et deux états de fatigue, physique et mentale, qui demandent qu'on reste concentré jusqu'au dernier déclenchement.

À 23h13, la lumière naturelle n'existe plus. Le monde se réduit à ce que les projecteurs du Hellfest veulent bien montrer : les explosions pyrotechniques, les poursuites de lumières saturées en rouge et en or, les contre-jours durs qui découpent les silhouettes sur la fumée de scène. C'est à la fois plus simple — on sait que ce sont les éclairages qui font l'image — et plus exigeant : les dynamiques sont extrêmes, les hautes lumières peuvent être soufflées en une fraction de seconde, et la mise au point en conditions nocturnes sur un sujet en mouvement reste un exercice de haute précision.

Mon Nikon D700 — plein format, 12,1 mégapixels, 51 collimateurs AF, montée en sensibilité maîtrisée jusqu'à 6400 ISO — était l'outil adapté à cette situation. Sa latitude d'exposition et ses performances en basse lumière permettaient d'affronter sereinement les contrastes violents d'une scène de festival nocturne. La réactivité de l'autofocus m'a permis de figer l'attitude rock'n'roll de Michael Poulsen, la complicité des musiciens, les moments de slam scénique — sans jamais perdre le piqué des instruments.

Ce genre de défi technique, répété concert après concert depuis vingt-cinq ans, est ce qui forge le regard et les réflexes d'un photographe de scène.


💡 Le Workflow : BibblePro 5 sous Ubuntu Linux

Ce reportage nocturne de Clisson a été développé sous BibblePro 5 sous Ubuntu Linux — le même workflow que j'utilisais pour l'ensemble de mes reportages de 2013, avant la migration progressive vers Darktable et Linux Arch. Un flux entièrement libre, entièrement maîtrisé, à une époque où cette posture d'indépendance numérique était encore rare dans le milieu professionnel.

Sur des fichiers RAW de nuit à haute sensibilité, BibblePro 5 livrait un dématriçage précis et une gestion du bruit — via son module Noise Ninja intégré — qui permettait de sculpter les noirs de la nuit clissonnaise sans les aplatir, de conserver le grain naturel des hautes sensibilités plutôt que de le lisser jusqu'à l'irréel, et de faire claquer les couleurs des projecteurs sur les peaux et les guitares avec une fidélité chromatique satisfaisante.

Pas de filtre "nuit de concert" généralisé. Chaque image, son propre traitement.


🤠 Une Conclusion Royale pour le Hellfest 2013

Clôturer trois jours de Hellfest avec Volbeat sur la Mainstage, c'était un choix de programmation qui disait quelque chose : pas le groupe le plus extrême, pas le plus technique, pas le plus obscur — mais celui qui sait rassembler, qui sait faire chanter une fosse de 40 000 personnes à deux heures du matin en leur faisant oublier leur fatigue. Ce talent-là est rare. Michael Poulsen le possède, et ce soir de juin 2013 à Clisson, il l'a démontré du premier au dernier accord.

Tout ce que touche Volbeat se transforme en or — et ce dimanche soir de Hellfest, l'or coulait à flots.

Retrouvez l'ensemble des artistes couverts au fil de mes années de photographe indépendant : La scène du Grand Ouest à travers l'objectif — Portfolio historique

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