25 ans de photographie indépendante
Panorama de parutions, affichages et collaborations
Parcourir vingt-cinq années de photographie indépendante, c'est accepter de naviguer entre des univers radicalement différents. Des crash-barrières des concerts de metal aux pistes d'athlétisme internationales, en passant par les studios de création des municipalités ou les rédactions de la presse quotidienne, l'œil doit s'adapter en permanence.
Loin des algorithmes éphémères des réseaux sociaux, la trace imprimée reste le plus beau témoignage de la confiance des diffuseurs. Voici un panorama thématique des parutions, affichages et collaborations qui jalonnent ce quart de siècle d'artisanat visuel.
Si les vingt premières années ont construit, patiemment, une légitimité de terrain, c'est en 2014 que deux parutions nationales sont venues confirmer, de l'extérieur, la cohérence d'une démarche construite seul, de façon indépendante, sur les scènes du Grand Ouest. À cette époque, c'est sous le nom d'artiste Nikolas Ernult que je signais mes clichés — le « K » de Nikolas, volontairement choisi, était une façon de me démarquer et de marquer les esprits dans les crash-barrières, à une époque où les accréditations et les contacts se nouaient souvent de visu, avant les réseaux sociaux.
Éditions Dunod · Paru le 19 février 2014 · 240 pages · ISBN 978-2100585267
Jérôme Geoffroy est l'un des auteurs de référence de la littérature technique photographique française — photographe, formateur, auteur spécialisé notamment dans les boîtiers Nikon. Son neuvième ouvrage, Maîtrisez l'exposition en photographie, aborde de façon didactique et pratique tout ce qu'il faut maîtriser autour de l'exposition : le trio diaphragme-vitesse-sensibilité, la mesure de la lumière, l'histogramme, le format RAW, jusqu'au post-traitement.
Ce qui distingue l'ouvrage des livres techniques habituels, c'est sa structure en "cartes blanches" — des témoignages de photographes professionnels issus de disciplines variées, invités à parler de leur pratique de l'exposition dans leur domaine. C'est dans ce cadre que Jérôme Geoffroy m'a contacté pour contribuer à la section dédiée à la photographie de concert.
Dans cette carte blanche, j'y parle de ma méthode de travail — le travail essentiellement en mode manuel, la préférence pour la mesure spot dans les conditions de lumière délicates de la scène, la façon de gérer les contrastes extrêmes entre zones éclairées et fonds sombres. J'y raconte les difficultés rencontrées lors de prises de vue en conditions difficiles — notamment lors d'un concert du groupe Skip The Use en festival — et la façon dont j'ai appris à me positionner différemment pour obtenir des images singulières.
L'interview est illustrée par un de mes clichés : Mat Bastard, chanteur de Skip The Use, f/3.2 · 1600 ISO · 1/320s — une silhouette saisie en contre-plongée sous un spot intense. Une image qui résume ce que j'essaie de faire sur scène depuis vingt-cinq ans : pas simplement documenter un concert, mais raconter une présence, une énergie, un moment unique.
"Il ne faut jamais cesser d'apprendre, d'analyser ses erreurs, d'essayer de comprendre pourquoi, avec la mesure spot, je n'obtiens pas ce résultat."
Mai 2014 · Dossier "Photographier la scène dans tous ses états" · 8 pages
Quelques semaines après la parution du livre Dunod, la rédaction de Chasseur d'Images — référence absolue de la presse photo française depuis 1976 — me contacte pour participer au dossier du mois du numéro 363. Le dossier "Photographier la scène dans tous ses états" couvre un territoire immense : du concert classique au show punk, du théâtre aux festivals en plein air, avec des approches radicalement différentes d'un photographe à l'autre.
Le rédacteur en chef avait fait un choix éditorial fort : opposer deux visions, deux techniques, deux esthétiques.
Huit pages dans l'un des magazines photo les plus lus de France. Mes images illustraient la section "La scène en couleur", accompagnées d'un entretien sur ma démarche : pourquoi la couleur, comment je gère la haute sensibilité, comment je me positionne en fosse ou en salle, ce que je cherche au-delà du simple portrait de musicien.
Ces deux parutions en 2014 — le livre Dunod en février, le magazine en mai — sont arrivées au même moment, sans concertation, comme si ces vingt premières années de pratique intensive avaient fini par produire une forme de légitimité visible de l'extérieur.
De la presse culturelle spécialisée aux grands titres de la mode ou de l'information locale, mes clichés ont régulièrement illustré l'actualité, les portraits d'artistes et les reportages de fond.
Une collaboration mémorable dans les pages du Elle Magazine (juillet 2014) pour une rubrique Spécial Culture consacrée aux festivals bretons de l'été — Motocultor, Fête du Bruit à Landerneau, Festival Interceltique de Lorient. Ma photographie de The Pogues en concert à Landerneau y illustre l'article, offrant une visibilité nationale dans un titre de presse féminine grand public.
L'univers corporel mis à l'honneur avec une couverture et des doubles pages pour Tatouage Magazine n°108, consacrées à un tatoueur de la région bordelaise. Portrait frontal, art corporel documenté — l'esthétique propre aux magazines spécialisés underground.
Mes images de live exportées outre-Manche dans les colonnes du mensuel britannique de référence Terrorizer (n°251), rubrique Stage Fright éditée par Kez Whelan, pour un reportage complet sur l'Hellfest Open Air à Clisson. Emperor, Ulcerate, Black Sabbath — plusieurs colonnes, plusieurs images, dans un titre culte de la scène metal mondiale.
Le sport exige de figer le mouvement à son paroxysme — une rigueur technique proche de celle du spectacle vivant.
Partenaire visuel du DécaStar, rendez-vous mondial des épreuves combinées sur la Plaine des sports de Thouars à Talence. L'affiche officielle 2014 met en avant un saut à la perche — corps arqué contre le ciel de l'agglomération bordelaise, un instant d'apesanteur.
Affiche de match format A3 pour le club de l'Union Sportive Tyrossaise (Nationale B), rencontre du dimanche 30 octobre au Stade de la Fougère. Joueurs en plein effort, maillots bleu et rouge — l'essence du rugby de terrain.
La campagne Nike+ / We Run Bordeaux 2013 — We Will #MakeItCount — a utilisé mes photographies pour son diaporama web officiel. Coureurs dans les rues de Bordeaux, ambiance collective nocturne, smartphones connectés.
Un flyer promotionnel pour un challenge d'athlétisme jeunesse en Norvège, autour de la sprinteuse Ida Marcussen, avec le soutien de Mizuno. Une commande internationale qui montre que le travail d'un photographe indépendant des Landes peut franchir les frontières.
Vestiaires, premier magazine consacré aux éducateurs de football, a fait appel à mes images pour illustrer son dossier "Phase de transition : enjeux, analyse et entraînement", avec en couverture un entraîneur devant son tableau tactique. Un magazine professionnel édité par RC Média.
Un ancrage institutionnel durable avec la Ville de Pessac (33) : plaquettes de présentation (volets 01 à 07, édition 2013), bilans de l'éducation, programmes des saisons culturelles (2016-2017), festivals En Bonne Voix, Vibrations Urbaines, journaux municipaux Pessac en Direct (n°104, juillet/août 2016, et autres éditions).
La plaquette de présentation de la Ville de Pessac 2013 intègre un panorama photographique de la ville : girafe du zoo de Pessac, piste cyclable, patrimoine architectural (dont la Villa Frugès de Le Corbusier), vignoble — une représentation complète du territoire en images.
Mes images intégrées dans le dossier de presse officiel de la chaîne Énorme TV pour une soirée metal : Metal XS à 20h45, concert live de Dagoba à 21h00, documentaire VOST God Bless Ozzy Osbourne à 22h00.
Des collaborations directes avec des musiciens pour la conception de flyers promotionnels — dont le flyer Ida Marcussen pour ses challenges d'athlétisme.
La quatrième de couverture du roman de Bernard Caussade (ISBN 978-2-35519-482-5, 10 €, éditions France Libris) porte le crédit "Photo N. Ernult" pour le portrait de l'auteur.
Quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo, le quotidien allemand Südwest Presse a publié un reportage sur le rassemblement "Je suis Charlie" à Pessac, ville jumelée avec Göppingen. Sous le titre "Göppingens Partnerstadt Pessac trauert um die Journalisten von Charlie Hebdo", ma photographie de la foule dans les rues de Pessac a illustré cet élan de solidarité franco-allemand. Une image de société, grave et nécessaire.
Qu'il s'agisse d'une couverture de magazine papier glacé, d'un encart dans la presse quotidienne ou d'un panneau 4×3 dans les rues de la métropole, la philosophie derrière le boîtier reste identique. Chaque image sélectionnée par ces diffuseurs est le fruit d'un travail rigoureux, développé de manière artisanale sous environnement libre (Darktable sous Linux Arch / CachyOS). C'est la preuve qu'un flux de production indépendant et passionné peut répondre aux exigences des plus grands donneurs d'ordres.
Plus de 1 000 musiciens photographiés au fil de ces années — des inconnus devenus célèbres, des légendes croisées une seule fois, des artistes locaux qui méritaient d'être documentés au même titre que les vedettes. Une collection d'instants qui constitue, pris ensemble, un document vivant sur la vie musicale et culturelle du Sud-Ouest sur un quart de siècle.
Merci à toutes les rédactions, directeurs artistiques, municipalités et agences qui font confiance à mon œil depuis un quart de siècle.
📥 La scène du Grand Ouest à travers l'objectif — Portfolio historique
Toutes les photographies sont © Nicolas Ernult / Nikolas Ernult — EIRL Landes Photographe. Reproduction interdite sans autorisation.