🎨 Graff à Bordeaux : mémoire photographique du street art bordelais 📸

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Entre le 11 septembre 2006 et le 9 novembre 2008, j'ai consacré une partie de mes déambulations photographiques à un sujet qui m'attirait particulièrement : le graff dans les rues de Bordeaux.

Armé de mon appareil photo, j'ai parcouru différents secteurs de la ville à la recherche de murs peints, de tags, de fresques, de compositions spontanées et de ces fragments de street art qui apparaissent parfois pendant quelques jours, quelques semaines ou quelques années avant de disparaître.

Avec le recul, cette série constitue pour moi une véritable mémoire photographique du Bordeaux urbain des années 2000.

Photographier les murs de Bordeaux

À cette époque, je ne cherchais pas nécessairement à constituer un inventaire scientifique du graffiti bordelais. Mon approche était avant tout celle d'un photographe qui regarde son environnement.

Je marchais dans les rues de Bordeaux, je repérais une façade, un mur, un rideau métallique ou un recoin urbain qui attirait mon regard, puis je prenais le temps de photographier ce que j'avais devant moi.

Le graff m'intéressait parce qu'il modifiait complètement la perception d'un lieu.

Un mur banal pouvait devenir une surface graphique. Une façade vieillissante pouvait servir de support à une fresque colorée. Une succession de tags pouvait transformer un passage en véritable galerie à ciel ouvert.

C'est cette relation entre architecture, ville et expression artistique que je voulais conserver dans mes images.

Bordeaux, une ville marquée par le graffiti

Le graffiti bordelais ne date évidemment pas des années 2000. Bordeaux possède une histoire ancienne du mouvement, avec des graffeurs et des crews présents notamment dans le quartier Saint-Pierre dès les années 1980.

Le développement du mouvement a progressivement fait évoluer le simple tag vers des réalisations plus élaborées : lettrages, couleurs, fresques collectives, collages, pochoirs, stickers et autres formes d'intervention dans l'espace public.

Lorsque je réalise mes photographies entre 2006 et 2008, je m'inscris donc dans une ville où le graffiti fait déjà partie du paysage urbain.

Mes clichés ne cherchent pas à raconter toute cette histoire, mais ils en conservent quelques traces.

Du tag à la fresque graffiti

Ce qui me plaît dans cette série, c'est justement la diversité des formes rencontrées.

Le mot « graffiti » recouvre des réalités très différentes.

Il y a le tag, rapide et essentiellement basé sur la signature. Il y a le lettrage plus travaillé, où la recherche graphique devient centrale. Et il y a la fresque graffiti, parfois monumentale, qui transforme complètement un mur.

Entre ces extrêmes, je découvre également des personnages, des formes abstraites, des compositions colorées et des interventions beaucoup plus difficiles à classer.

Pour moi, c'est cette diversité qui rend le street graff intéressant photographiquement.

La rue comme galerie à ciel ouvert

Photographier du street art dans les rues de Bordeaux, c'est aussi photographier la ville.

Je ne cherche pas toujours à isoler complètement le graff.

Au contraire, j'aime parfois conserver autour de l'œuvre les éléments de son environnement : une façade, une fenêtre, une porte, une rue, du mobilier urbain ou simplement les traces du temps.

Le graffiti prend alors tout son sens.

Il devient une partie du paysage.

Une photographie peut ainsi raconter simultanément une œuvre et le quartier dans lequel elle se trouve.

Des œuvres par nature éphémères

C'est probablement l'une des raisons principales pour lesquelles cette série garde aujourd'hui autant d'intérêt à mes yeux.

Le street art est souvent éphémère.

Un mur peut être repeint. Un bâtiment peut être rénové ou détruit. Une fresque peut être recouverte par une autre. Un tag peut disparaître sous plusieurs couches de peinture.

Photographier ces œuvres, c'est donc leur donner une seconde existence.

Des années plus tard, mes clichés permettent de retrouver des murs et des interventions qui ne sont peut-être plus visibles aujourd'hui.

La photographie devient alors une forme d'archive.

Cette dimension est particulièrement importante dans le cas du graffiti : l'œuvre est souvent conçue pour vivre dans la rue, soumise aux intempéries, aux interventions humaines et aux transformations urbaines.

Une série photographique entre art et patrimoine urbain

Avec le temps, je considère cette série comme un travail situé quelque part entre photographie de rue, photographie documentaire et photographie artistique.

Je ne photographie pas uniquement une œuvre.

Je photographie aussi une époque.

Les murs de Bordeaux photographiés entre 2006 et 2008 appartiennent à un contexte urbain particulier. La ville évolue, les quartiers se transforment et les pratiques artistiques évoluent elles aussi.

Le street art bordelais a depuis acquis une visibilité beaucoup plus importante. Bordeaux Tourisme présente aujourd'hui le graffiti et les différentes formes d'art urbain comme une composante à part entière de la découverte de la ville.

Cette reconnaissance contemporaine donne d'autant plus de valeur aux photographies anciennes qui permettent de regarder en arrière.

Bordeaux et la culture urbaine

La scène bordelaise s'est progressivement structurée autour de nombreux artistes et collectifs.

Des collectifs comme Fullcolor, fondé à la fin des années 1990, ont participé au développement d'une scène locale où le graffiti s'est enrichi de nombreuses autres pratiques artistiques.

Plus tard, Bordeaux a également vu se développer des lieux et dispositifs consacrés à l'art urbain, notamment le M.U.R. de Bordeaux, inauguré en 2014, ainsi que des projets dans différents quartiers de la métropole.

Mais mes photographies sont antérieures à cette période de reconnaissance institutionnelle.

Elles témoignent d'une époque où je pouvais simplement parcourir Bordeaux et découvrir les œuvres au hasard de mes déplacements.

Regarder autrement les rues de Bordeaux

La photographie de graffiti m'a également appris à regarder différemment mon environnement.

Lorsque je marche dans une ville, je ne regarde plus seulement les monuments ou les bâtiments remarquables.

Je regarde les détails.

Une couleur qui apparaît derrière une palissade. Un lettrage sur une porte métallique. Une fresque au détour d'une rue. Une composition presque effacée par le temps.

Le graffeur transforme alors un élément ordinaire de la ville en support d'expression.

Le photographe, lui, transforme cette intervention temporaire en image.

Cette relation entre l'artiste et le photographe me semble particulièrement intéressante.

Le contexte bordelais des années 2000

La période couverte par cette série, de 2006 à 2008, correspond à une période de transformation importante des pratiques culturelles urbaines.

À Bordeaux, différentes initiatives artistiques participent progressivement à la reconnaissance de la création contemporaine dans l'espace public. L'association Zébra3, créée à Bordeaux en 1993, développe notamment dès les années 2000 des projets liés aux pratiques artistiques et à l'investissement de l'espace public.

Dans le quartier de Bacalan, le projet des Vivres de l'Art commence également à prendre forme au début des années 2000, avant de devenir progressivement un lieu culturel important.

Même si mes photographies ne constituent pas un reportage sur ces structures, elles s'inscrivent dans ce contexte plus large de transformation de la culture urbaine bordelaise.

Mon regard de Photographe Landes

Même lorsque je travaille à Bordeaux, je conserve mon identité de Landes Photographe.

Mon approche reste celle d'un photographe de terrain : marcher, observer, chercher un angle et essayer de restituer ce qui m'a arrêté.

Avec cette série consacrée au graff bordelais, je me suis particulièrement intéressé aux textures, aux couleurs, aux lignes et aux contrastes.

Une photographie de graffiti peut presque devenir une image abstraite.

À l'inverse, en conservant le contexte architectural, elle peut devenir une véritable photographie documentaire.

C'est cette liberté que j'apprécie.

Le temps comme deuxième auteur

Aujourd'hui, certaines de ces photographies ont plus de quinze ans.

Le temps devient alors un deuxième auteur.

Ce qui paraissait banal en 2006 peut devenir intéressant simplement parce que le paysage urbain a changé.

Un mur a disparu.

Une rue a été transformée.

Une fresque a été recouverte.

Un bâtiment a changé de fonction.

L'image prend alors une dimension historique que je n'avais pas forcément anticipée au moment de déclencher.

C'est l'une des grandes forces de la photographie documentaire : elle conserve ce que le temps finit par effacer.

Photographier sans figer l'œuvre

Je cherche également à éviter de transformer systématiquement le graffiti en simple objet graphique.

Le contexte est important.

Une fresque n'existe pas indépendamment de son mur. Elle appartient à une rue, à un quartier et à une période.

Je privilégie donc aussi des cadrages qui montrent la relation entre l'œuvre et son environnement.

Le résultat est parfois moins spectaculaire qu'un cadrage très serré, mais il raconte davantage.

Le développement photographique sous Linux CachyOS

Pour reprendre aujourd'hui cette série dans mon flux de travail, je reste fidèle à une chaîne simple sous Linux CachyOS.

J'importe les photographies avec Rapid Photo Downloader, puis je réalise le tri et la gestion de ma photothèque dans digiKam.

Le traitement des images est ensuite effectué sous RapidRaw.

Je reste volontairement bref sur cette partie technique : l'essentiel de ce reportage demeure le regard porté sur les murs et sur la ville.

Une mémoire photographique du graff bordelais

Cette série réalisée entre le 11 septembre 2006 et le 9 novembre 2008 constitue aujourd'hui une petite mémoire personnelle du graffiti à Bordeaux.

Je ne prétends pas avoir photographié toute la scène bordelaise ni toutes les œuvres présentes dans la ville à cette époque.

J'ai simplement photographié ce qui attirait mon regard au fil de mes déplacements.

Et c'est précisément ce qui fait l'intérêt de ces images.

Elles sont le résultat de rencontres fortuites avec des murs, des couleurs et des créations parfois éphémères.

Le street art, entre disparition et mémoire

Le street art a cette particularité de pouvoir disparaître presque aussi vite qu'il apparaît.

Une fresque peut être recouverte.

Un mur peut être nettoyé.

Une façade peut être démolie.

Mais une photographie peut conserver une trace.

C'est finalement ce qui donne aujourd'hui tout son sens à ce reportage.

Mes clichés de graff, graffiti, fresques et street art dans les rues de Bordeaux ne montrent pas seulement des œuvres : ils montrent un morceau du paysage urbain bordelais tel que je l'ai découvert entre 2006 et 2008.

Pour Landes Photographe, cette série reste donc avant tout une histoire de regard, de déambulation et de mémoire.

J'ai photographié des murs. Avec le temps, ces murs sont devenus des archives. 📸🎨


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